Votre enfant a un handicap, ou l'école vous signale des difficultés ? Vous vous demandez qui peut vous aider, et pour quoi.
Il y a deux portes : l'école, d'abord, qui peut adapter les choses sans dossier. La MDPH, ensuite, pour tout ce qui demande une décision.
Au sommaire (6 parties)
- Ce que la MDPH peut accorder à un enfant handicapé
- L'école sans la MDPH : Le PAP
- Le dossier MDPH d'un enfant : Le même formulaire, une partie en plus
- Ce qui existe en plus de l'AEEH : Un parent qui s'arrête, la crèche, la classe
- Taxi scolaire et MDPH : Qui paie le transport de l'enfant handicapé ?
- Après la décision
Ce que la MDPH peut accorder à un enfant handicapé
Cette page vous aide à savoir quelle porte pousser en premier. Pour un enfant, la commission de la MDPH, la CDAPH, peut décider de plusieurs choses, souvent en même temps.
Il y a l'argent, avec l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé, l'AEEH : 153,01 € par mois pour la base, depuis le 1er avril 2026. Des compléments s'y ajoutent quand le handicap entraîne des frais, l'embauche d'une personne ou la réduction de l'activité d'un parent.
Côté école, ensuite. Un projet personnalisé de scolarisation (PPS) fixe ce dont votre enfant a besoin pour suivre sa scolarité : une AESH à ses côtés, du matériel adapté, des aménagements.
Et quand la classe ordinaire ne suffit plus, la CDAPH peut proposer une orientation en IME, ITEP ou autre établissement.
Pour l'AEEH, une condition revient toujours : votre enfant doit avoir moins de 20 ans. Il faut aussi un taux d'incapacité d'au moins 80 %. Entre 50 et 79 %, l'enfant doit en plus remplir l'une de ces conditions :
- il fréquente un établissement ou un service spécialisé.
- il suit un dispositif de scolarisation adapté.
- il a besoin de soins préconisés par la commission.
L'école sans la MDPH : Le PAP
Tout ne passe pas par un dossier. Si votre enfant a un trouble des apprentissages, une dyslexie par exemple, le plan d'accompagnement personnalisé (PAP) se met en place à l'école.
Le médecin de l'Éducation nationale donne son avis, puis l'équipe pédagogique adapte la manière de travailler : consignes, supports, évaluations.
C'est plus rapide, mais soyons clairs : ça ne donne ni AESH, ni matériel financé, ni allocation. Si ces aides deviennent nécessaires, le PAP ne suffit plus. Passez alors par la MDPH.
Les aménagements d'examens, comme le tiers temps, c'est une autre procédure. Leur page la détaille.
Le dossier MDPH d'un enfant : Le même formulaire, une partie en plus
Bonne nouvelle : il n'existe pas de dossier spécial pour les enfants. C'est le même dossier MDPH, le Cerfa 15692, avec une partie consacrée à la vie scolaire.
Vous y décrivez comment votre enfant vit sa journée à l'école et à la maison. Vous dites ce qu'il n'arrive pas à faire comme un enfant de son âge, et l'aide que vous lui apportez déjà.
Pour un enfant scolarisé, l'école remplit avec vous le GEVA-Sco. C'est le document qui décrit ses besoins en classe et qui accompagne la demande de projet de scolarisation. Le certificat médical, lui, doit dater de moins d'un an.
Et comme pour un adulte, ce sont les détails concrets qui font comprendre la situation. « Il met une heure à faire une page d'écriture et ne la finit pas » en dit beaucoup plus que « il a des difficultés à l'écrit ».

Ce qui existe en plus de l'AEEH : Un parent qui s'arrête, la crèche, la classe
L'allocation et le projet de scolarisation ne font pas le tour de la question. Selon la situation, d'autres dispositifs entrent en jeu, et la MDPH ne les accorde pas tous.
Si la gravité du handicap vous oblige à réduire ou à suspendre votre travail, il existe l'allocation journalière de présence parentale, versée par la Caf (ou la MSA).
L'enfant doit avoir moins de 20 ans, et un certificat médical doit attester qu'il a besoin d'une présence soutenue et de soins contraignants. Vous disposez de 310 allocations journalières sur une période maximale de 3 ans.
Côté emploi, un salarié du privé a droit à un congé payé à l'annonce du handicap de son enfant. Service-public indique 10 jours ouvrables, et une convention collective peut prévoir plus.
Autres dispositifs possibles :
- des structures spécialisées pour un tout-petit qui ne peut pas entrer dans une crèche ou une halte-garderie ordinaire.
- une classe de l'ULIS (unité localisée pour l'inclusion scolaire), de l'école primaire au lycée, que la CDAPH peut proposer.
- des cours à distance avec le Cned si l'enfant ne peut pas être accueilli en classe. Un enseignement adapté à son âge et à son handicap existe aussi quand il est hospitalisé.
- la prise en charge des frais d'un autre mode de transport, s'il ne peut pas prendre les transports en commun.
- la carte mobilité inclusion, qui peut aussi être demandée pour un enfant, avec le même dossier.
Taxi scolaire et MDPH : Qui paie le transport de l'enfant handicapé ?
Votre enfant ne peut pas prendre le bus, et on vous parle de taxi scolaire. Qui paie ? Tout dépend de l'établissement.
Dans un établissement médico-éducatif, comme un IME, les frais de transport sont inclus dans le prix de journée. L'Assurance maladie les prend en charge intégralement.
Dans une école, un collège ou un lycée ordinaire, public ou privé, c'est le département qui rembourse. Le code des transports le prévoit quand la gravité du handicap, médicalement établie, empêche l'élève d'utiliser les transports en commun.
Le remboursement dépend du moyen utilisé. Si vous conduisez vous-même votre enfant, il suit un tarif fixé par le département, selon les kilomètres faits chaque jour. Si vous passez par un taxi ou un minibus scolaire, il suit vos dépenses réelles.
La demande ne part pas à la MDPH, mais au directeur de l'établissement, par courrier simple. Il la transmet au département.
Joignez la copie de la décision de la MDPH reconnaissant le handicap et l'emploi du temps de votre enfant. Ajoutez une attestation rédigée par vous si vous conduisez, ou le devis du transporteur pour l'année scolaire.
Dernier point : certains départements paient directement la société de transport. Vous n'avancez alors rien. Posez la question avant de signer le devis.
Après la décision
La CDAPH se prononce sur chaque demande : allocation, PPS, aide humaine, orientation. Pour le PPS, une équipe de suivi de la scolarisation se réunit ensuite avec vous et l'enseignant référent. Elle vérifie que ce qui a été décidé est vraiment appliqué en classe.
Si la décision ne vous convient pas, vous pouvez la contester. Le recours MDPH explique les délais et la lettre à envoyer.
Et si c'est vous, parent, qui avez réduit votre activité pour vous occuper de votre enfant, la page sur l'aidant familial recense les droits qui vous concernent.
Pour résumer : commencez par l'école, demandez-vous si un PAP peut suffire, et passez par la MDPH dès qu'il faut une aide humaine, du matériel, une allocation ou une orientation. Un seul formulaire couvre tout, à condition de bien décrire la journée de votre enfant.