Vous élevez un enfant handicapé et vous voulez savoir à quoi vous avez droit ? L'AEEH, l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé, c'est 153,01 € par mois, sans condition de ressources. Avec un complément, jusqu'à 1 451,45 € par mois. Voici comment la demander.
Au sommaire (11 parties)
- L'AEEH, c'est quoi ?
- Conditions : Taux d'incapacité de votre enfant
- Montant de l'AEEH de base
- Les compléments d'AEEH : Catégories et montants
- AEEH ou PCH : Quel choix pour votre enfant
- Comment demander l'AEEH à la MDPH
- Versement de l'AEEH après la notification : À partir de quand
- Durée de l'AEEH et renouvellement
- Scolarité : Ce qui relève d'autres démarches
- Garde alternée, hospitalisation, AJPP : Les cas particuliers
- Votre dossier d'AEEH en un coup d'œil
L'AEEH, c'est quoi ?
L'AEEH est une prestation familiale destinée aux parents d'un enfant handicapé de moins de 20 ans. Elle aide à payer ce que le handicap coûte : soins, éducation, matériel, temps de garde, et parfois le salaire que vous perdez.
Elle se compose de deux étages :
- l'AEEH de base, un montant fixe de 153,01 € par mois depuis le 1er avril 2026.
- éventuellement un complément, classé en six catégories, quand le handicap entraîne des dépenses importantes, oblige un parent à réduire ou arrêter son travail, ou impose d'embaucher quelqu'un.
Un parent isolé peut toucher en plus une majoration spécifique.
Qui fait quoi ? C'est la CDAPH, la commission de la MDPH, qui évalue la situation et décide. Ensuite, c'est la Caf qui verse l'argent chaque mois, ou la MSA si vous relevez du régime agricole.
L'AEEH est accordée sans condition de ressources et elle n'est pas imposable.
Conditions : Taux d'incapacité de votre enfant
Tout part du taux d'incapacité que la MDPH reconnaît à votre enfant. Deux situations ouvrent le droit.
Premier cas, le plus simple : avec un taux d'au moins 80 %, l'AEEH est accordée sur ce seul critère.
Deuxième cas, un taux entre 50 % et moins de 80 %. C'est la recherche « AEEH taux d'incapacité entre 50 et 79 » qui revient le plus, et pour cause.
À ce niveau, le taux ne suffit pas. Il faut en plus que votre enfant soit dans l'une de ces situations, préconisée par la CDAPH :
- il est accompagné par un établissement ou un service médico-social.
- il est scolarisé dans un dispositif adapté à son handicap.
- il a besoin de soins ou de rééducations en lien avec son handicap.
Alors pourquoi un dossier à 50 % peut-il être refusé ? Parce que le taux seul ne suffit pas, et que la commission ne voit que ce qui est écrit.
Une orthophonie deux fois par semaine depuis trois ans, un suivi en CMP, une prise en charge par un SESSAD. Si ce n'est pas écrit, la commission ne peut pas en tenir compte.
Pour un enfant accueilli en établissement, la page sur l'orientation en IME, ITEP ou MAS explique comment cette orientation est décidée.
Les conditions administratives, elles, sont vérifiées par la Caf ou la MSA :
- l'enfant a moins de 20 ans.
- il réside de façon permanente en France.
- s'il travaille, ses revenus professionnels ne dépassent pas 55 % du Smic mensuel brut, soit 1 026,86 €.
Un cas particulier : votre enfant est en internat et ses frais de séjour sont entièrement pris en charge par l'Assurance maladie, l'État ou le département. L'AEEH n'est alors versée que pour les périodes où il rentre à la maison, comme les vacances.
Certains handicaps sont plus difficiles à faire reconnaître parce qu'ils ne se voient pas. J'ai détaillé les points d'attention dans les pages TDAH et MDPH et autisme et MDPH.
Montant de l'AEEH de base
L'AEEH de base est de 153,01 € par mois, depuis la revalorisation du 1er avril 2026. Ce montant est le même pour toutes les familles, quel que soit le taux de l'enfant au-dessus du seuil, quel que soit le revenu des parents.
Il est versé tous les mois. Le montant est revalorisé régulièrement : vérifiez sur service-public ou sur votre espace Caf si vous lisez cette page longtemps après sa mise à jour.
Pour beaucoup de familles, c'est le complément qui change vraiment la donne. Et c'est là qu'il faut être précis.
Les compléments d'AEEH : Catégories et montants
La CDAPH classe la situation de votre enfant dans une catégorie, de 1 à 6. On ne touche qu'un complément à la fois, mais on peut changer de catégorie si les frais ou le temps de travail évoluent.
Le classement repose sur trois choses : les dépenses liées au handicap, la réduction ou l'arrêt d'activité d'un parent, et l'embauche d'une tierce personne. Voici les montants versés chaque mois, AEEH de base comprise, tels que les publie service-public.
| Catégorie | Situation (résumé) | AEEH de base + complément | Avec majoration parent isolé |
|---|---|---|---|
| 1 | Dépenses d'au moins 267,77 € par mois | 267,77 € | Pas de majoration |
| 2 | Activité réduite d'au moins 20 %, ou tierce personne 8 h par semaine, ou dépenses d'au moins 463,82 € | 463,82 € | 525,98 € |
| 3 | Mi-temps ou tierce personne 20 h, ou réduction de 20 % / 8 h avec dépenses d'au moins 282,11 €, ou dépenses d'au moins 592,92 € | 592,92 € | 678,99 € |
| 4 | Arrêt d'activité ou tierce personne à temps plein, ou mi-temps / 20 h avec dépenses d'au moins 394,82 €, ou réduction de 20 % / 8 h avec dépenses d'au moins 523,92 €, ou dépenses d'au moins 834,72 € | 834,72 € | 1 107,28 € |
| 5 | Arrêt d'activité ou tierce personne à temps plein, avec dépenses d'au moins 342,55 € | 1 024,27 € | 1 373,32 € |
| 6 | Arrêt d'activité ou tierce personne à temps plein, avec contraintes permanentes de surveillance et de soins | 1 451,45 € | 1 963,08 € |
Si vous cherchez le complément seul, sans l'AEEH de base, Mon Parcours Handicap l'affiche : il va de 114,76 € en catégorie 1 à 1 298,44 € en catégorie 6.
La majoration pour parent isolé
Elle s'ajoute à partir de la catégorie 2, quand le handicap de l'enfant nécessite le recours à une tierce personne. Elle va de 62,16 € (catégorie 2) à 511,63 € (catégorie 6). Elle est versée par la Caf ou la MSA.
Les dépenses qui comptent pour le complément
Avez-vous déjà fait le compte de ce que coûte le handicap de votre enfant, chaque mois ? Les séances que vous payez de votre poche, les trajets vers l'hôpital, le mi-temps que vous avez pris sans vraiment le décider, la baby-sitter qu'il faut former.
Beaucoup de parents ne le font jamais. C'est pourtant exactement ce que la MDPH va regarder pour classer votre enfant dans l'une des six catégories de complément.
Ce qui est rageant, c'est qu'un complément peut se jouer sur des frais qu'on a simplement oublié de compter. Prenez une feuille et listez, mois par mois, tout ce que vous payez à cause du handicap et que personne ne vous rembourse :
- séances ;
- matériel ;
- couches au-delà de l'âge habituel ;
- trajets ;
- garde spécialisée ;
- activités adaptées.
Joignez les factures ou les devis.
Faites de même pour votre temps de travail : un passage à 80 % ou à mi-temps, une démission, une disponibilité. Joignez un justificatif de cette réduction, par exemple une attestation de votre employeur.
Imaginez la famille de Léo, 6 ans. Sa mère est passée à 80 % pour l'emmener à ses rééducations. Les frais liés à son handicap, factures à l'appui, dépassent 300 € par mois.
D'après le tableau, une réduction d'activité d'au moins 20 % accompagnée de dépenses d'au moins 282,11 € correspond à la catégorie 3. Cela fait 592,92 € par mois avec l'AEEH de base.
Si la famille n'avait déclaré que le temps partiel, sans les frais, le dossier n'aurait montré que les critères de la catégorie 2. C'est la CDAPH qui classe, mais elle ne classe que ce qu'on lui montre.
Il ne s'agit pas d'exagérer, il s'agit d'arrêter de minimiser ! Un parent qui écrit « on s'adapte » se prive d'un complément auquel il a peut-être droit.
Celui qui écrit « j'ai réduit mon temps de travail de 40 % pour assurer les rendez-vous de rééducation trois après-midis par semaine » donne de quoi décider.

AEEH ou PCH : Quel choix pour votre enfant
C'est la question la plus technique, et celle qui fait perdre le plus d'argent quand on la règle trop vite.
La PCH, la prestation de compensation du handicap, existe aussi pour les enfants. Mais elle suppose que l'enfant touche déjà l'AEEH avec un complément. Et pour les difficultés de l'enfant, on compare avec un enfant du même âge sans handicap.
Côté cumul, tout dépend de l'étage dont on parle. L'AEEH de base se cumule avec tous les éléments de la PCH.
Le complément d'AEEH, lui, ne se cumule avec la PCH que pour l'élément 3 : aménagement du logement ou du véhicule, et surcoûts de transport. Il ne doit pas financer les mêmes frais.
Quand vous avez droit aux deux, vous avez donc un droit d'option entre trois formules :
| Formule | Ce que vous touchez |
|---|---|
| A | AEEH de base + complément d'AEEH |
| B | AEEH de base + PCH (tous éléments) |
| C | AEEH de base + élément 3 de la PCH + complément d'AEEH pour les autres frais |
La CDAPH vous propose une comparaison chiffrée des scénarios avant que vous choisissiez. Prenez le temps de la lire.
Aucune règle générale ne dit quelle formule est la meilleure : seule la comparaison faite sur le dossier de votre enfant le montre, ligne par ligne.
Comment demander l'AEEH à la MDPH
La demande se fait à la MDPH de votre lieu de résidence. Pour la trouver, utilisez la page trouver votre MDPH. Il n'y a pas de formulaire propre à l'AEEH : c'est le formulaire MDPH (cerfa 15692), le même pour toutes les demandes.
Les étapes :
- Remplir, dater et signer le formulaire, sur papier ou en ligne si votre MDPH propose un téléservice. Remplissez soigneusement la partie « vie quotidienne » : c'est là que vous décrivez les journées de votre enfant et ce qu'elles vous demandent.
- Joindre les pièces obligatoires : - un certificat médical de moins de 12 mois, avec les volets auditif ou visuel si besoin. - une copie recto verso de la pièce d'identité de l'enfant et de celle de chaque parent. - un justificatif de domicile. - pour une première demande, une copie intégrale du livret de famille, ou la décision qui fixe l'exercice de l'autorité parentale.
- Pour un complément, ajouter les justificatifs : factures ou devis des frais liés au handicap, preuves de l'emploi d'une tierce personne, preuves de la réduction de votre activité professionnelle.
- Préciser l'accueil de l'enfant : établissement médico-social ou non, internat ou non, soins à l'hôpital ou à domicile, et qui les prend en charge. Faites-le si le formulaire ne le dit pas déjà.
- Envoyer le dossier, de préférence en recommandé avec accusé de réception, ou le déposer en ligne. Gardez une copie.
La CDAPH répond dans un délai de 4 mois. Et sans réponse au-delà ? C'est un refus implicite. Ne laissez pas ce silence traîner.
La MDPH vous envoie la décision dans les 4 semaines qui suivent la commission. Elle en transmet une copie à la Caf ou à la MSA, qui vérifie les conditions administratives puis verse l'allocation.
En cas de refus ou de catégorie trop basse, le recours commence par un recours administratif préalable obligatoire auprès de la MDPH, dans les 2 mois. Un éventuel recours devant le tribunal judiciaire vient ensuite.
À noter : une loi du 12 juin 2026 prévoit d'expérimenter un délai de traitement plus court pour l'AEEH, avec une avance versée automatiquement en l'absence de réponse. Ces mesures attendent leurs textes d'application et ne s'appliquent pas encore.
Versement de l'AEEH après la notification : À partir de quand
La lettre de notification n'est pas le point de départ de votre droit. Le code de la sécurité sociale (article R541-7) dit que l'AEEH est attribuée à compter du premier jour du mois qui suit celui du dépôt de la demande.
Vous avez déposé le dossier en mars et la réponse arrive en juillet ? Le droit court quand même depuis avril.
Côté circuit, une fois la décision favorable prise, la MDPH transmet sans délai les données du dossier à la Caf ou à la MSA (article R541-3).
Elles vérifient les conditions qui relèvent d'elles : résidence en France, âge, revenus professionnels de l'enfant. Ensuite, l'AEEH et ses compléments sont versés tous les mois.
Reste la vraie question, celle des familles : dans combien de temps le premier virement ? Aucune source officielle ne fixe de délai pour ce premier paiement, donc je ne vous en donnerai pas.
Si la notification est arrivée et que rien n'apparaît sur votre espace Caf après quelques semaines, écrivez à la Caf avec une copie de la décision.
Relisez aussi cette décision : la catégorie de complément et la durée qui y figurent sont celles qui servent de base au versement.
Durée de l'AEEH et renouvellement
La durée dépend du taux et des perspectives d'évolution :
| Taux d'incapacité | Durée d'attribution |
|---|---|
| 80 % et plus | 3 à 5 ans |
| De 50 % à moins de 80 % | 2 à 5 ans |
| Sans évolution favorable possible | Sans limitation, jusqu'aux 20 ans |
Même quand l'AEEH de base est accordée sans limitation de durée, le complément doit être renouvelé. Déposez un nouveau dossier 6 mois avant la fin de la période.
Si la situation de votre enfant n'a pas évolué favorablement, vous pouvez cocher en page 4 du formulaire la case « Je souhaite bénéficier d'une procédure simplifiée ».
Attention : sans renouvellement, les versements s'arrêtent automatiquement.
Quand la CDAPH a décidé de mesures particulières d'éducation et de soins, l'AEEH et ses compléments sont réexaminés au maximum tous les 2 ans.
À 20 ans, l'AEEH s'arrête. Votre enfant pourra demander l'allocation aux adultes handicapés s'il en remplit les conditions. Anticipez : la MDPH a jusqu'à 4 mois pour répondre à une demande d'AAH aussi.
Et sachez qu'entre 15 et 20 ans, l'AEEH vaut déjà reconnaissance de travailleur handicapé, ce qui compte pour un apprentissage.
Scolarité : Ce qui relève d'autres démarches
L'AEEH est une aide financière. Elle ne règle pas la scolarité, qui a ses propres outils. Pour ne pas tout mélanger, voici qui s'occupe de quoi.
Le PPS (projet personnalisé de scolarisation) ne peut être mis en place qu'après une décision de la CDAPH. Il passe donc par la MDPH, souvent dans le même dossier que l'AEEH.
L'accompagnement en classe par une AESH a sa propre page, avec les étapes à suivre.
Le PAP suit un autre chemin : il ne passe pas par la MDPH, il est mis en place par l'école, après avis du médecin de l'Éducation nationale.
Quant aux aménagements d'examens, comme le tiers temps aux examens, ils ont leur propre procédure.
Garde alternée, hospitalisation, AJPP : Les cas particuliers
Commençons par le congé de présence parentale. Si vous arrêtez temporairement de travailler pour votre enfant, l'allocation journalière de présence parentale (AJPP) se cumule avec l'AEEH de base, mais pas avec le complément.
Pour les parents séparés, l'AEEH et ses compléments ne se partagent pas : ils vont à la personne qui a la charge effective de l'enfant. La PCH, elle, peut être partagée sous conditions, avec un accord signé entre les parents.
Reste l'hospitalisation longue : au-delà de 3 mois, l'AEEH peut continuer si elle entraîne l'arrêt d'activité d'un parent, le recours à une tierce personne ou des dépenses importantes.
Enfin, en cas de décès de l'enfant, l'AEEH, son complément et la majoration continuent d'être versés pendant les 3 mois qui suivent.
Votre dossier d'AEEH en un coup d'œil
Avant d'envoyer la demande, vérifiez :
- le certificat médical a moins de 12 mois et décrit les conséquences du handicap au quotidien.
- si le taux visé est entre 50 % et 79 %, le dossier montre l'accompagnement, la scolarisation adaptée ou les soins.
- vos frais sont listés, chiffrés et justifiés, mois par mois.
- votre réduction ou arrêt d'activité est prouvé.
- vous avez joint le livret de famille pour une première demande.
- vous avez noté la date de fin du droit, pour renouveler 6 mois avant.
Gardez un double de tout ce que vous envoyez. Le jour où il faudra renouveler ou contester, ce dossier sera votre meilleur point de départ.