Vous cherchez le bouton « faire ma demande » sur carte-mobilite-inclusion.fr ? Inutile : il n'existe pas, et beaucoup de monde y perd des semaines. La demande passe par la MDPH, ou par le département si vous touchez l'APA. Ce site ne sert qu'après l'accord.
Au sommaire (8 parties)
- La carte mobilité inclusion en bref
- Les 3 mentions : Invalidité, priorité, stationnement
- Qui peut obtenir la carte : Les conditions communes
- Comment demander la carte mobilité inclusion
- Délai de fabrication et suivi de la carte
- Renouveler sa carte mobilité inclusion
- Refus de carte : Un recours qui ne va pas à la MDPH
- Avant de déposer votre demande de carte
La carte mobilité inclusion en bref
La carte mobilité inclusion, ou CMI, est une carte gratuite qui facilite les déplacements et la vie quotidienne des personnes handicapées ou en perte d'autonomie. Elle a remplacé les anciennes cartes d'invalidité, de priorité et de stationnement.
Avant de choisir une mention, gardez trois repères en tête :
- La carte comporte une ou plusieurs mentions (invalidité, priorité, stationnement), et ce sont elles qui donnent les droits.
- Ce n'est pas la MDPH qui décide, mais le président du conseil départemental, après l'évaluation de la MDPH. Le droit commence à la date de sa décision.
- La carte est fabriquée par l'Imprimerie nationale, qui vous écrit directement après l'accord.
On peut cumuler deux mentions : invalidité et stationnement, ou priorité et stationnement. Vous recevez alors deux cartes : une à garder sur vous, l'autre à poser derrière le pare-brise.
Par contre, inutile de demander invalidité et priorité ensemble : la mention invalidité donne déjà tous les avantages de la priorité.
Les 3 mentions : Invalidité, priorité, stationnement
Voici les trois mentions côte à côte. C'est le tableau à avoir en tête avant de remplir le formulaire.
| Invalidité | Priorité | Stationnement | |
|---|---|---|---|
| Pour qui | Taux d'incapacité d'au moins 80 %, ou pension d'invalidité de 3e catégorie | Taux d'incapacité inférieur à 80 %, station debout pénible | Déplacement à pied très réduit, ou besoin d'être accompagné, quel que soit le taux |
| Ce qu'elle donne | Places assises, files d'attente, avantages fiscaux, réductions dans les transports | Places assises et priorité dans les files d'attente | Stationnement gratuit sur les places ouvertes au public |
| L'accompagnant | Mêmes priorités, et réductions avec la sous-mention « besoin d'accompagnement » | Mêmes priorités | Profite du stationnement gratuit quand il vous transporte |
| Où la garder | Sur vous | Sur vous | Derrière le pare-brise |
Mention invalidité : La plus complète
Elle s'adresse aux personnes dont le taux d'incapacité est d'au moins 80 %, ou qui sont invalides classées en 3e catégorie par la Sécurité sociale.
Elle donne :
- une priorité d'accès aux places assises dans les transports en commun, les salles d'attente, les établissements et manifestations qui reçoivent du public, et dans les files d'attente. La personne qui vous accompagne a les mêmes droits.
- les droits des travailleurs handicapés, sans avoir à demander la RQTH.
- des avantages fiscaux, par exemple, sous conditions, une demi-part supplémentaire pour l'impôt sur le revenu.
- des réductions dans les transports, à demander auprès de chaque transporteur (SNCF, RATP, Air France notamment).
Le détail de ces transports gratuits ou réduits, compagnie par compagnie, se trouve dans une page à part.
Deux sous-mentions peuvent s'ajouter.
« Besoin d'accompagnement » ouvre des réductions ou la gratuité pour la personne qui vous accompagne, notamment dans le train. Elle est attribuée dans deux cas :
- avant 20 ans, si l'enfant touche un complément d'AEEH de la 3e à la 6e catégorie.
- avant 20 ans aussi, s'il a choisi l'aide humaine de la PCH à la place d'un complément d'au moins 3e catégorie.
- après 20 ans, si vous touchez l'aide humaine de la PCH, la majoration pour tierce personne, une pension d'invalidité de 3e catégorie ou l'ACTP.
« Cécité » est inscrite quand la vision centrale est inférieure à 1/20e de la normale après correction.
Tout le détail est dans la page sur la carte d'invalidité.
Mention priorité : Pour la station debout pénible
Elle concerne les personnes avec un taux d'incapacité inférieur à 80 %, quand le handicap rend la station debout pénible. Cette pénibilité est évaluée par l'équipe pluridisciplinaire de la MDPH (médecins, ergothérapeutes, travailleurs sociaux…).
Elle donne une priorité pour les places assises dans les transports et les lieux d'attente, et dans les files d'attente, pour vous et pour la personne qui vous accompagne. Pas de réduction tarifaire, pas d'avantage fiscal.
Dans le dossier, « j'ai du mal à rester debout », ça ne suffit pas à montrer une pénibilité. Soyez concret : dites combien de temps vous tenez et ce qui se passe ensuite : douleur, vertige, malaise.
Précisez dans quelles situations c'est arrivé : à la caisse, à l'arrêt de bus, à la mairie. Voyez la page carte priorité pour les cas fréquents.
Mention stationnement : Les critères précis
C'est la mention la plus demandée, et la seule dont les critères sont chiffrés par un texte : l'arrêté du 3 janvier 2017. Vous y avez droit si vous remplissez l'un de ces deux critères.
Le critère 1 concerne le déplacement à pied : votre périmètre de marche est limité et inférieur à 200 mètres. Ou bien vous avez systématiquement besoin, pour vos déplacements à l'extérieur, de l'une de ces aides :
- une aide humaine.
- une prothèse de membre inférieur.
- une canne ou un appareil manipulé avec les bras (un déambulateur par exemple).
- un fauteuil roulant.
- une oxygénothérapie.
Quant au critère 2, il porte sur l'accompagnement : une altération d'une fonction mentale, cognitive, psychique ou sensorielle vous oblige à être accompagné. Il est rempli si vous ne pouvez faire aucun déplacement seul, y compris après un apprentissage.
Dans les deux cas, la difficulté doit être définitive ou durer au moins un an. Le taux d'incapacité n'entre pas en compte. La mention est aussi accordée aux personnes âgées qui touchent l'APA et sont classées en GIR 1 ou 2.
Avec elle, vous ou la personne qui vous accompagne stationnez gratuitement et sans limitation de durée sur toutes les places ouvertes au public, en France et dans l'Union européenne.
La commune peut limiter la durée, mais jamais en dessous de 12 heures. Dans les parkings équipés de bornes d'entrée et de sortie, un paiement peut être demandé.
La carte est attribuée à une personne, pas à une voiture. Elle sert dans n'importe quel véhicule qui vous transporte, conducteur ou passager.
Posez-la bien visible derrière le pare-brise et retirez-la quand la voiture ne vous sert plus. Pour les usages au quotidien (places réservées, contrôle, stationnement payant), voyez la page carte de stationnement handicapé.
Une loi du 12 juin 2026 prévoit d'accélérer le traitement des demandes de mention stationnement, avec une attribution automatique dans certains cas. Ces mesures attendent leurs textes d'application : n'attendez pas après elles, la procédure décrite ici reste celle qui s'applique.
Qui peut obtenir la carte : Les conditions communes
En plus des critères propres à chaque mention, il faut :
- être de nationalité française, ressortissant d'un pays de l'Espace économique européen, ou avoir un titre de séjour en cours de validité.
- résider dans le département où vous déposez la demande.
Il n'y a pas de limite d'âge. Un enfant peut avoir une CMI, une personne de 90 ans aussi.
Pour les mentions invalidité et priorité, tout dépend de votre taux d'incapacité. Ce taux est fixé par la CDAPH à partir d'un guide-barème.
Si vous demandez la mention invalidité, le dossier doit montrer une atteinte de l'autonomie dans la vie quotidienne. Si vous visez la priorité, il doit montrer la difficulté à rester debout.
Un même dossier ne se rédige pas de la même façon selon la mention visée.
Comment demander la carte mobilité inclusion
Première question : touchez-vous l'APA, l'allocation personnalisée d'autonomie des plus de 60 ans ?
Si vous n'êtes pas concerné par l'APA, ce qui est le cas le plus courant, la demande se fait à la MDPH de votre département. Il faut le formulaire unique de demande, le Cerfa 15692*01.
Et si vous ne connaissez pas votre MDPH, commencez par trouver votre MDPH. Voici les pièces à joindre :
- un certificat médical de moins de 12 mois, avec les volets auditif ou visuel si vous êtes concerné.
- une copie recto verso de votre pièce d'identité.
- un justificatif de domicile.
- le jugement de protection si vous êtes sous tutelle.
Remplissez avec soin la partie « vie quotidienne » : c'est là que vous décrivez votre périmètre de marche, vos chutes, votre besoin d'aide pour sortir. Le formulaire, les pièces et le dépôt en ligne sont détaillés dans la page dossier MDPH.
Si vous demandez l'APA en même temps, le formulaire de demande d'APA contient déjà la demande de CMI. Il s'envoie aux services du département, avec un certificat médical et une pièce d'identité.
Et si vous touchez déjà l'APA, il n'existe pas de formulaire national : demandez le formulaire spécifique aux services de votre département.
Décrire ses déplacements : Un exemple
Imaginons Gérard, 67 ans, une insuffisance cardiaque, qui ne touche pas l'APA. Dans sa première demande, il avait écrit : « Je marche difficilement et je me fatigue vite. » Rien à quoi l'équipe puisse se raccrocher.
Voici la version qu'il aurait pu écrire : « Je dois m'arrêter tous les 50 mètres environ pour reprendre mon souffle. Pour aller de ma voiture à la pharmacie, à 150 mètres, je fais trois pauses. »
Il continuerait ainsi : « Je ne sors jamais sans ma canne. Quand le parking est loin de l'entrée, je reste dans la voiture et ma fille fait les courses. »
La seconde version parle directement le langage du critère : un périmètre de marche, une aide utilisée à chaque sortie, des conséquences concrètes.
Demandez à votre médecin de reprendre ces éléments dans le certificat médical, à la rubrique sur les déplacements. Un dossier où le patient et le médecin disent la même chose, avec les mêmes chiffres, est bien plus lisible.
Carte handicapé pour un enfant : Ce qui change
Il n'y a pas d'âge minimum : un enfant peut avoir une CMI, avec la ou les mentions qui correspondent à sa situation. Deux points le concernent en particulier :
- La sous-mention « besoin d'accompagnement » peut être inscrite sur sa carte invalidité s'il touche un complément d'AEEH d'au moins la 3e catégorie.
- Si ses parents sont séparés, chacun peut avoir un exemplaire de la mention stationnement pour les trajets avec l'enfant, à commander sur le portail de la carte.
Côté MDPH, l'étude de la demande peut prendre jusqu'à 4 mois. L'équipe pluridisciplinaire peut vous convoquer pour évaluer votre capacité à vous déplacer.
La CDAPH donne son avis, puis le président du conseil départemental décide. La MDPH vous écrit dans les 4 semaines qui suivent la commission.

Délai de fabrication et suivi de la carte
Une fois l'accord donné, tout se passe avec l'Imprimerie nationale, plus avec la MDPH.
- Vous recevez un « courrier d'appel photo ». Il contient vos identifiants pour le portail de la carte, un coupon réponse et une enveloppe. Gardez-le précieusement.
- Vous envoyez une photo d'identité de moins de 6 mois. Soit en ligne sur le portail carte-mobilite-inclusion.fr (format JPEG, 1 Mo maximum), soit par courrier avec le coupon. Une photo envoyée sans le coupon ne peut pas être traitée. Si vous demandez plusieurs mentions, une seule photo suffit.
- Vous suivez la fabrication sur le même portail, ou au 0 809 360 280.
- Vous recevez la carte environ 10 jours après l'envoi de la photo.
C'est donc ici que le site carte-mobilite-inclusion.fr devient utile. Il sert aussi en cas de perte, de vol ou de carte abîmée : vous déclarez le problème et commandez un duplicata à 10 €. L'ancienne carte est alors invalidée.
Attention, ce duplicata ne vaut que pour une vraie CMI. Si vous avez perdu une carte d'invalidité, de priorité ou de stationnement d'avant la réforme, il n'y a pas de duplicata.
Il faut alors déposer une nouvelle demande auprès de la MDPH de votre département, ou des services du département si vous touchez l'APA.
Pour la mention stationnement, le même portail permet de commander un second exemplaire dans certains cas, par exemple quand des parents séparés transportent chacun l'enfant dans leur voiture.
Renouveler sa carte mobilité inclusion
La carte est attribuée à titre définitif dans deux cas :
- pour la mention invalidité, quand le taux est d'au moins 80 % et que le handicap ne peut pas évoluer favorablement.
- pour toutes les mentions, quand vous touchez l'APA en GIR 1 ou 2.
Sinon, elle est accordée pour 1 à 20 ans.
Si votre carte a une date de fin, le renouvellement n'a rien d'automatique. Il se demande avec le même formulaire ou le même téléservice que la première fois, avec un certificat médical récent.
Le portail de la carte ne sert pas à renouveler : il permet seulement de suivre la fabrication et de commander un duplicata ou un second exemplaire. La demande en ligne passe par le téléservice de votre MDPH, quand elle en propose un.
Quand s'y prendre ? Mon Parcours Handicap conseille de déposer la demande 4 à 6 mois avant l'expiration. Comptez large : jusqu'à 4 mois d'instruction, puis la photo et la fabrication.
Un cas presse en ce moment, et il ne pardonne pas le retard. Si vous avez encore une ancienne carte d'invalidité ou de stationnement, elle cesse d'être valable le 31 décembre 2026.
Si vous ne l'avez pas encore fait, déposez la demande de CMI dès maintenant. Si d'autres droits arrivent à échéance en même temps, regroupez-les : la page sur le renouvellement MDPH explique comment s'organiser.
Refus de carte : Un recours qui ne va pas à la MDPH
C'est un piège classique. Pour la plupart des droits, on conteste auprès de la MDPH. Pour la CMI, non : la décision vient du président du conseil départemental, donc le recours aussi.
- Le recours administratif préalable obligatoire (RAPO) s'adresse au président du conseil départemental, dans les 2 mois suivant la notification du refus. Expliquez ce qui a été mal pris en compte et joignez une copie de la décision. Envoyez-le en recommandé avec accusé de réception, ou déposez-le à l'accueil des services du département. S'il ne répond pas dans les 2 mois, c'est un rejet.
- Ensuite, le tribunal, dans les 2 mois qui suivent sa réponse : le tribunal administratif pour la mention stationnement, le tribunal judiciaire pour les mentions priorité et invalidité.
La marche à suivre pour rédiger ce courrier est détaillée dans la page sur le recours amiable (RAPO).
Avant de déposer votre demande de carte
Petite liste à cocher :
- vous savez quelle mention vous visez, et vous ne demandez pas « priorité » si vous visez « invalidité ».
- pour le stationnement, le dossier dit votre périmètre de marche réel, ou l'aide que vous utilisez à chaque sortie.
- le certificat médical a moins de 12 mois et décrit les déplacements, pas seulement la maladie.
- vous envoyez la demande à la bonne adresse : MDPH, ou département si vous êtes concerné par l'APA.
- vous avez noté la date d'expiration de votre carte actuelle, ou le 31 décembre 2026 si c'est une ancienne carte.
Et quand le courrier de l'Imprimerie nationale arrive, ne le jetez pas avec les publicités : sans lui, pas de photo, et sans photo, pas de carte.