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Dysphasie, dyslexie, dyspraxie : L'aide à l'école et ce que la MDPH accorde

Par Maud, Avis Favorable · publié le 9 octobre 2026

Dysphasie, dyslexie, dyspraxie : L'aide à l'école et ce que la MDPH accorde

Votre enfant est dys, et l'école parle d'un « dossier MDPH » ? Pas si vite. L'aide à l'école passe par deux portes.

Le PAP, que l'école met en place elle-même, sans MDPH. Ou le PPS, décidé par la MDPH, dès qu'il faut un accompagnant en classe, un ordinateur fourni, une orientation particulière ou une aide financière.

Au sommaire (10 parties)
  1. Dysphasie, dyslexie : Handicap ou simple difficulté scolaire ?
  2. Ce que le guide-barème dit des troubles dys
  3. PAP ou PPS : La question à trancher en premier
  4. En classe, au quotidien : Ce que l'enseignant peut changer tout de suite
  5. Les aides à l'école qui passent par la MDPH
  6. Examens : Tiers temps et autres aménagements
  7. L'AEEH pour un enfant dys
  8. Décrire un trouble dys : L'exemple d'Inès
  9. Après 16 ans : RQTH et AAH
  10. Avant de déposer un dossier pour un enfant dys

Dysphasie, dyslexie : Handicap ou simple difficulté scolaire ?

Prenons Inès, 7 ans, qui a une dysphasie : elle comprend mal les consignes orales, cherche ses mots, fait des phrases que seuls ses parents décodent.

Elle voit l'orthophoniste deux fois par semaine depuis la grande section. En CE1, la lecture coince, et la maîtresse parle d'un « dossier MDPH ». Ses parents ne savent pas par où commencer.

Pas de liste de maladies reconnues à consulter pour savoir à quoi ils ont droit : ce qui compte, ce sont les conséquences en classe.

Mon Parcours Handicap range la dyslexie, la dysphasie, la dyspraxie, la dyscalculie et la dysorthographie parmi les troubles du neurodéveloppement. Un trouble dys peut donc être reconnu comme un handicap.

Mais le même site le dit clairement : toute situation de handicap ne demande pas une décision de la MDPH. Beaucoup d'enfants dys suivent leur scolarité avec des aménagements mis en place directement par l'école.

Par contre, dès qu'il faut un accompagnant en classe, un ordinateur fourni, une orientation particulière ou une aide financière, le passage par la MDPH est obligatoire. C'est elle qui évalue, et sa commission, la CDAPH, qui décide.

Les troubles dys vont souvent par deux ou par trois, et ils s'associent fréquemment à un trouble de l'attention.

Si c'est le cas de votre enfant, lisez aussi la page TDAH et MDPH. Et si des difficultés de communication sociale sont évoquées, la page autisme et MDPH vous concerne.

Ce que le guide-barème dit des troubles dys

C'est la question du « taux », et elle mérite une réponse franche. Le guide-barème, l'annexe officielle qui sert à fixer le taux d'incapacité, a un chapitre consacré au langage et à la parole. La dyslexie y apparaît explicitement à deux niveaux :

Niveau du guide-barème Ce qu'il cite Fourchette
Déficience légère dysorthographie et/ou dyslexie résiduelle et/ou dyscalculie 0 à 15 %
Déficience moyenne alexie, dyslexie, dysorthographie, acalculie, dyscalculie entraînant une thérapeutique 20 à 45 %

Attention à la lecture de ce tableau : il ne fixe pas le taux de votre enfant. Le même guide rappelle que le diagnostic ne permet pas, à lui seul, d'évaluer le handicap, et qu'on évalue la situation globale, sans additionner les taux.

Une dysphasie sévère qui empêche de communiquer, une dyspraxie qui rend l'écriture impossible, plusieurs troubles associés : tout cela s'apprécie selon les conséquences réelles.

Soyons francs quand même : les deux niveaux où le texte cite la dyslexie restent sous 50 %, et c'est à partir de 50 % que l'AEEH devient possible. Ça ne ferme pas la porte.

Quand les troubles sont sévères ou associés, c'est l'ensemble de la situation qui est évalué. Raison de plus pour décrire précisément ce que les troubles empêchent, et pas seulement leur nom.

PAP ou PPS : La question à trancher en premier

Voici les deux grands outils pour un élève dys. Le choix entre les deux conditionne tout le reste.

PAP (plan d'accompagnement personnalisé) PPS (projet personnalisé de scolarisation)
Qui décide L'école, après avis du médecin de l'Éducation nationale La CDAPH de la MDPH
Faut-il un dossier MDPH ? Non Oui
Ce qu'il permet Aménagements pédagogiques : polycopiés, captations audio, contrôles aménagés, emploi du temps adapté pour l'orthophonie Tout cela, plus les décisions de la commission : accompagnement humain (AESH), matériel pédagogique adapté, orientation, Sessad
Aménagements d'examens Oui, sur demande Oui, sur demande

Commençons par le PAP : il se demande dès qu'un diagnostic est posé, à n'importe quel moment de la scolarité. Le médecin de l'Éducation nationale fait le constat des troubles, en s'appuyant sur les bilans (orthophoniste, psychologue, psychomotricien…).

Puis le directeur ou le chef d'établissement rédige le plan avec l'équipe et vous le transmet pour signature. Il est réévalué chaque année.

Le PPS, lui, devient le bon choix quand les aménagements de la classe ne suffisent plus. Pour une première demande, votre interlocuteur est le directeur de l'école ; ensuite, c'est l'enseignant référent.

Tout dépend de la situation d'Inès. Si des consignes reformulées, des textes à trous et un peu plus de temps suffisent, un PAP fait le travail. Si elle a besoin d'un adulte à côté d'elle pour comprendre chaque consigne, il faut un PPS.

En classe, au quotidien : Ce que l'enseignant peut changer tout de suite

Beaucoup de parents s'attendent à un grand dispositif, alors que le plus utile démarre souvent par des gestes simples. Mon Parcours Handicap cite parmi les aménagements pédagogiques :

Pour Inès, cela veut dire :

Rien de tout cela n'exige un dossier MDPH. Le PAP sert justement à écrire ces aménagements noir sur blanc, pour qu'ils suivent l'enfant d'une classe à l'autre.

Le pôle d'appui à la scolarité, avant tout dossier MDPH

Il existe aussi une porte que beaucoup de familles ne connaissent pas : le pôle d'appui à la scolarité, ou PAS.

Selon son cahier des charges, publié par l'Éducation nationale, il peut être sollicité par les parents, mais aussi par le chef d'établissement, le directeur d'école ou un professeur.

Il s'adresse aux élèves à besoins éducatifs particuliers sans qu'une notification de la CDAPH soit nécessaire, et il apporte une première réponse pédagogique, éducative ou médico-sociale. Une équipe permanente le compose : un coordonnateur de l'Éducation nationale et un éducateur spécialisé.

Ce n'est pas un remplaçant de la MDPH. Si un GEVA-sco devient nécessaire, le PAS peut soutenir les démarches de la famille. Renseignez-vous auprès de la direction de l'école sur la façon de le solliciter dans votre secteur.

Les aides à l'école qui passent par la MDPH

Pour l'AESH, l'accompagnement peut être mutualisé (l'AESH suit plusieurs élèves) ou individualisé (il reste près de votre enfant). Un point à connaître : ce n'est pas à vous de « demander une AESH ».

Mon Parcours Handicap explique que la famille et l'école doivent témoigner des besoins de l'élève, notamment dans le GEVA-sco. C'est l'équipe d'évaluation qui conclut ou non à la nécessité d'une aide humaine.

Côté matériel, la commission peut décider de l'attribution d'un ordinateur ou d'un autre matériel pédagogique adapté, quand il est nécessaire à la scolarité.

Pour un trouble du langage oral sévère, la commission peut aussi proposer une Ulis, une unité localisée pour l'inclusion scolaire. L'élève reste inscrit dans sa classe d'âge, partage du temps avec ses camarades et reçoit un enseignement spécialisé en petit groupe.

Une des catégories d'Ulis vise les troubles du langage. C'est la CDAPH qui décide de l'orientation, après l'accord des parents. Les parents peuvent la refuser : l'enfant reste alors dans son école, et une nouvelle demande à la MDPH permet de chercher d'autres aménagements.

L'affectation, elle, dépend du directeur académique selon les besoins, le secteur et les places.

Reste le Sessad, ce service médico-social qui intervient sur les lieux de vie de l'enfant, y compris à l'école, avec une équipe qui peut compter orthophoniste, ergothérapeute, psychomotricien. L'orientation vers un Sessad est décidée par la commission.

Les places sont souvent rares : inscrivez votre enfant sur les listes d'attente dès la notification.

Enfin, les soins peuvent se faire sur place : un orthophoniste libéral peut intervenir dans l'établissement, si ce besoin est reconnu par la MDPH et figure dans le PPS. Le directeur doit aussi donner son accord.

Examens : Tiers temps et autres aménagements

C'est souvent l'aide qui compte le plus au collège et au lycée. Service-public liste les aménagements possibles pour un examen de l'Éducation nationale, comme le brevet ou le bac :

Avec un PAP ou un PPS, la demande suit une procédure simplifiée, par un formulaire de l'académie remis au professeur principal. Sans l'un ou l'autre, c'est la procédure complète, avec un avis du médecin désigné par la CDAPH.

Faites la demande au plus tard à la date limite d'inscription à l'examen.

Mon conseil : vérifiez en cours d'année que les outils utilisés en classe, surtout numériques, seront bien autorisés le jour de l'examen. Mon Parcours Handicap le recommande aussi.

L'AEEH pour un enfant dys

L'AEEH, l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé, est possible pour un enfant dys à deux conditions de taux :

Cette condition en plus, c'est l'une de ces trois situations :

Pour un trouble dys, c'est presque toujours la seconde voie qui se discute. Les rééducations comptent donc beaucoup, à condition d'être décrites : leur fréquence, leur durée, ce qu'elles coûtent quand elles ne sont pas remboursées, le temps que vous y passez.

Décrire un trouble dys : L'exemple d'Inès

Le certificat médical (cerfa 15695) prévoit qu'en cas de troubles du langage avec un retentissement significatif, un bilan orthophonique soit joint. Joignez-le, ainsi que les bilans de psychomotricité ou d'ergothérapie s'il y en a. Puis soignez la partie « vie quotidienne » du formulaire.

Avant : « Inès a une dysphasie. Elle est suivie en orthophonie. Elle a des difficultés à l'école. »

Après : « Inès ne comprend pas une consigne orale de plus de deux étapes : il faut la lui redire seule, en la découpant. À l'écrit, elle met environ trois fois plus de temps que ses camarades pour une phrase. Elle ne peut pas raconter sa journée à quelqu'un d'autre que ses parents. Elle va chez l'orthophoniste deux fois par semaine depuis deux ans, dont une séance sur le temps scolaire. En récréation, elle reste seule parce que les autres enfants ne la comprennent pas. »

Le second texte compare Inès avec un enfant de son âge, donne des durées, une fréquence, et montre les conséquences en classe et en dehors. C'est ce que la commission cherche.

Checklist pour le dossier MDPH d'un enfant avec un trouble dys : bilans, PAP ou PPS, GEVA-sco, vie quotidienne, AEEH, examens

Après 16 ans : RQTH et AAH

Les troubles dys ne disparaissent pas à la fin du lycée. Pour l'apprentissage, les stages ou le premier emploi, la RQTH peut être utile : elle est accessible dès 16 ans.

Et entre 15 et 20 ans, un PPS en cours ou l'AEEH valent déjà RQTH.

L'AAH est plus rare pour un trouble dys isolé. Elle demande un taux d'au moins 80 %, ou de 50 à 79 % avec une restriction substantielle et durable d'accès à l'emploi.

Ce n'est pas impossible quand plusieurs troubles se cumulent, mais il faut alors que le dossier montre en quoi l'accès à un travail est réellement empêché.

Avant de déposer un dossier pour un enfant dys

Un dossier dys bien fait ne décrit pas un enfant « en difficulté ». Il décrit un enfant qui travaille deux fois plus pour un résultat moindre, et ce que l'école et la famille font déjà pour l'aider.

Sources officielles (vérifiées le 4 octobre 2026)
  1. Mon Parcours Handicap : Troubles du neurodéveloppement, autisme : le forfait d'intervention précoce
  2. Mon Parcours Handicap : Qu'est-ce que le PAP ?
  3. Mon Parcours Handicap : PPRE, PAI, PAP, PPS, les possibilités d'appui à la scolarisation
  4. Mon Parcours Handicap : Quels sont les accompagnements notifiés par la MDPH dans le PPS ?
  5. Service-public : Un jeune handicapé peut-il avoir un aménagement pour passer un examen ?
  6. Légifrance : annexe 2-4 du code de l'action sociale et des familles (guide-barème)
  7. Service-public : Allocation d'éducation de l'enfant handicapé (AEEH)
  8. Service-public : Reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH)
  9. Service-public : Allocation aux adultes handicapés (AAH)
  10. Certificat médical Cerfa 15695*01 (PDF officiel)
  11. Mon Parcours Handicap : Troubles dys, quels aménagements pour la scolarité ?
  12. Éducation nationale : cahier des charges 2025 des pôles d'appui à la scolarité (PAS)
  13. Mon Parcours Handicap : Qu'est-ce qu'une Ulis (unité localisée pour l'inclusion scolaire) ?

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