Prenons Timothée, 9 ans : son TDAH est diagnostiqué depuis six mois. Ses parents ont lu la page sur les maladies reconnues par la MDPH, et maintenant ?
Réponse honnête : le TDAH n'ouvre aucun droit automatique. Tout dépend de ce qu'il change dans sa vie.
Au sommaire (9 parties)
- Le TDAH est-il reconnu comme un handicap ?
- Où faire poser le diagnostic : La filière de soins TDAH
- Ce que la MDPH regarde dans un dossier TDAH
- À l'école : PAP, PPS ou AESH pour un enfant TDAH
- Aides financières pour un enfant TDAH
- Adulte avec un TDAH : RQTH, AAH et travail
- Décrire le TDAH au quotidien : Avant et après
- ALD et TDAH : Ce que dit la liste officielle
- Votre dossier TDAH, point par point
Le TDAH est-il reconnu comme un handicap ?
Selon les cas, il peut mener à l'AEEH, à un PPS avec une AESH, à la RQTH, à l'AAH ou à la PCH.
Et à l'école, le PAP se met en place sans passer par la MDPH.
Il peut être reconnu : Mon Parcours Handicap, le site officiel de la CNSA, présente le TDAH comme un trouble du neurodéveloppement qui concerne les enfants et les adultes. Selon lui, 3 % des adultes et 6 % des enfants seraient concernés.
L'Assurance maladie précise, de son côté, que le TDAH peut être reconnu comme un handicap cognitif sur demande auprès de la MDPH, une possibilité ouverte depuis la loi de 2005.
Mais « peut être reconnu » ne veut pas dire « est reconnu d'office ».
Le guide-barème, le texte que suit la MDPH pour fixer un taux, pose une règle qui vaut pour toutes les situations. Le diagnostic ne permet pas, à lui seul, d'évaluer le handicap.
Il n'existe donc pas de taux « du TDAH ». Deux enfants avec le même diagnostic peuvent obtenir des réponses très différentes, parce que l'un compense bien avec quelques aménagements et que l'autre est en échec scolaire malgré tout.
Autre point à connaître : selon Mon Parcours Handicap, plus de la moitié des personnes qui ont un trouble du neurodéveloppement en ont un second.
Si votre enfant a aussi une dyslexie ou une dyspraxie, lisez la page troubles dys et MDPH. Si un trouble du spectre de l'autisme est évoqué, la page autisme et MDPH vous concerne. Le dossier doit décrire l'ensemble, pas un trouble isolé.
Où faire poser le diagnostic : La filière de soins TDAH
Pas de diagnostic, pas de certificat médical précis, et sans certificat le dossier MDPH tient mal. Or l'attente pour être évalué décourage beaucoup de familles.
Une instruction interministérielle de mai 2025 a prévu que chaque région, outre-mer compris, mette en place une filière régionale de soins TDAH, avec un centre ressources TDAH labellisé.
Ce centre est chargé de garantir la qualité et la coordination du parcours de soins, et d'offrir aux parents des informations et un accompagnement.
L'entrée dans cette filière se fait par le médecin traitant ou par un professionnel de premier niveau, comme le médecin scolaire, le pédopsychiatre ou le pédiatre, qui oriente la famille.
Le déploiement se fait région par région : demandez à votre médecin ce qui existe près de chez vous, plutôt que d'attendre que tout soit en place.
Pour un enfant de moins de 12 ans, le forfait d'intervention précoce, décrit plus bas, peut financer des bilans pendant ce temps.
Ce que la MDPH regarde dans un dossier TDAH
La commission ne cherche pas à savoir si le TDAH est « sévère » au sens médical. Elle cherche ce qu'il change, concrètement, dans les journées de la personne. Pour un enfant, on compare avec un enfant du même âge.
Plusieurs points pèsent dans l'évaluation :
- la durée et la constance des difficultés. Mon Parcours Handicap parle de comportements qui impactent le quotidien de manière persistante, plus de six mois, dans différents lieux de vie.
- la scolarité : retards, évaluations non terminées, besoin d'une personne pour démarrer ou finir une tâche.
- l'autonomie au quotidien : s'habiller dans un temps raisonnable, préparer son cartable, gérer l'argent ou les papiers pour un adulte.
- la vie sociale et familiale, avec les conflits, les exclusions et la mise en danger par impulsivité.
- les soins : orthophonie, psychomotricité, suivi en CMPP, traitement et ses effets.
Pour faire passer tout ça, deux documents comptent. D'abord le certificat médical MDPH, qui doit décrire le retentissement et pas seulement le diagnostic.
Ensuite un document que peu de familles connaissent : le questionnaire complémentaire de Mon Parcours Handicap pour les troubles du neurodéveloppement. Il n'est pas obligatoire, mais il est recommandé.
Sa partie médicale passe en revue des fonctions comme l'attention, la mémoire ou les fonctions exécutives, avec leur fréquence et leur intensité.
C'est exactement le vocabulaire qui manque souvent dans un certificat classique pour un TDAH. Une seconde partie se remplit par vous ou par l'entourage.
À l'école : PAP, PPS ou AESH pour un enfant TDAH
C'est souvent la première question des parents, et la réponse est que tout ne passe pas par la MDPH.
| Dispositif | Qui décide | Ce qu'il apporte |
|---|---|---|
| PAP (plan d'accompagnement personnalisé) | L'école, après avis du médecin de l'Éducation nationale | Aménagements pédagogiques : contrôles aménagés, allègement du travail, emploi du temps adapté pour les soins |
| PPS (projet personnalisé de scolarisation) | La CDAPH, la commission de la MDPH | Cadre de la scolarité, matériel pédagogique adapté, accompagnement humain, orientation |
| AESH (accompagnant d'élève) | La CDAPH, dans le cadre du PPS | Une aide humaine en classe, individualisée ou mutualisée |
Le PAP peut être demandé par les parents dès qu'un diagnostic est posé, à tout moment de la scolarité. Il ne demande pas de dossier MDPH.
Bon à savoir : selon Mon Parcours Handicap, il donne droit, comme le PPS, aux aménagements d'examens, sur demande de la famille.
Le PPS suppose une demande à la MDPH. Pour un enfant TDAH, Mon Parcours Handicap cite comme exemples de ce qu'il peut prévoir :
- un ordinateur avec des logiciels.
- un agenda pour s'organiser.
- des outils numériques d'aide à la prise de notes.
- l'aide d'une AESH.
Avec votre accord, l'équipe éducative remplit un document appelé GEVA-sco, joint au dossier : il décrit ce que l'enfant fait en classe.
Par contre, ne demandez pas « une AESH » comme on commande un service. Ce sont les besoins de l'enfant, décrits par l'école et par vous, qui amènent l'équipe de la MDPH à la proposer.
Aides financières pour un enfant TDAH
Avant 12 ans, il existe un forfait d'intervention précoce. Quand un médecin suspecte un trouble du neurodéveloppement, il peut orienter l'enfant vers une plateforme de coordination et d'orientation (PCO).
Celle-ci peut financer des bilans et des séances d'ergothérapeute, de psychomotricien ou de psychologue, normalement non remboursés, à condition que ces professionnels aient un contrat avec elle.
Attention : ce forfait n'est pas cumulable avec l'AEEH. Il s'arrête dès que l'AEEH commence à être versée.
L'AEEH, l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé, suppose un taux d'au moins 80 %. Un taux de 50 à 79 % suffit dans l'un de ces cas :
- l'enfant est suivi par un service médico-social.
- il est scolarisé dans un dispositif adapté.
- il a besoin de soins préconisés par la commission.
Pour un TDAH, c'est souvent cette deuxième voie qui se discute.
Le montant de base est de 153,01 € par mois. Un complément peut s'ajouter selon vos frais ou la réduction de votre temps de travail : tout est détaillé sur la page montant de l'AEEH.
Ce qui fait la différence entre 50 % et moins de 50 %, je l'explique sur la page sur les seuils de 50 et 80 %.
Retenez une chose : c'est la gêne dans la vie de l'enfant qui compte, et les efforts qu'il faut déployer pour la compenser.
Adulte avec un TDAH : RQTH, AAH et travail
Le TDAH ne s'arrête pas à 18 ans. Beaucoup d'adultes sont diagnostiqués tard, et Mon Parcours Handicap rappelle que la Haute Autorité de santé le juge largement sous-diagnostiqué chez l'adulte.
Commencez par la RQTH : la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé est accordée quand vos possibilités d'obtenir ou de garder un emploi sont réduites par l'altération d'une fonction.
Pour un TDAH, ce peut être l'organisation, la gestion des priorités, les erreurs d'inattention qui s'accumulent. Elle permet notamment de demander des horaires aménagés ou une adaptation du poste.
Vous n'êtes pas obligé de la déclarer à votre employeur. Un détail utile pour les 15-20 ans : un PPS ou l'AEEH valent déjà RQTH.
L'AAH vient ensuite, mais plus rarement. Il faut un taux d'au moins 80 %, ou de 50 à 79 % avec une restriction substantielle et durable d'accès à l'emploi.
Cette restriction prend en compte les contraintes liées aux traitements et les troubles qui aggravent la situation, par exemple une dépression associée.
Relisez les conditions de l'AAH avant de vous lancer : une demande d'AAH déclenche de toute façon l'examen de la RQTH.
Dernier levier, la PCH et son volet soutien à l'autonomie. Pour les personnes éligibles à l'aide humaine de la PCH, ce volet finance un accompagnement jusqu'à 3 heures par jour. Il sert à planifier, organiser, gérer le temps ou enchaîner les tâches du quotidien.

Décrire le TDAH au quotidien : Avant et après
Reprenons Timothée. En classe, il décroche au bout de quelques minutes, oublie ses affaires un jour sur deux et ne finit presque jamais une évaluation.
À la maison, les devoirs du soir prennent deux heures et finissent souvent en larmes. Voici ce que ses parents avaient écrit dans la partie « vie quotidienne » du formulaire.
Avant : « Timothée a un TDAH. Il a du mal à se concentrer et il est agité. L'école se passe difficilement. »
Rien n'y est faux, mais la commission ne peut rien en tirer.
Après : « En classe, Timothée tient environ cinq minutes sur une consigne écrite, puis il faut que l'enseignante revienne vers lui pour qu'il reprenne. Il n'a terminé aucune évaluation de mathématiques ce trimestre. Le matin, il faut lui redonner chaque étape pour s'habiller, sinon il est encore en pyjama à 8 h 15. Les devoirs durent deux heures avec un adulte assis à côté de lui. Il a deux séances de psychomotricité par semaine, sur le temps scolaire, et j'ai réduit mon temps de travail pour l'y conduire. »
Cette fois, il y a des durées, une fréquence, l'aide d'un adulte, les soins, l'effet sur le travail d'un parent. Tout ce qui permet à la commission de comparer avec un enfant de 9 ans.
ALD et TDAH : Ce que dit la liste officielle
« ALD TDAH » fait partie des recherches fréquentes, alors autant être précis. La liste des affections de longue durée, fixée à l'article D160-4 du code de la sécurité sociale, ne mentionne pas le TDAH.
Il existe des ALD dites « hors liste », pour des maladies graves qui durent plus de six mois et dont le traitement coûte cher. Mais c'est l'Assurance maladie qui en décide, sur demande de votre médecin traitant.
Surtout, ALD et MDPH sont deux circuits séparés. Mon Parcours Handicap le dit lui-même : une ALD n'est pas forcément une situation de handicap. Être en ALD n'ouvre rien à la MDPH, et ne pas l'être ne ferme rien.
Pour échanger avec d'autres familles, Mon Parcours Handicap cite l'association HyperSupers TDAH France, qui agit pour les enfants et les adultes avec un TDAH.
Votre dossier TDAH, point par point
- Le diagnostic est joint, mais le dossier décrit surtout ce que le TDAH change au quotidien, depuis plus de six mois.
- Le certificat médical précise la fréquence des difficultés, les suivis et les effets du traitement.
- Le questionnaire complémentaire pour les troubles du neurodéveloppement est rempli, partie médecin et partie famille.
- Pour un enfant, le GEVA-sco est demandé à l'école et les bilans (orthophonie, psychomotricité, psychologue) sont joints.
- Vous avez choisi entre PAP et PPS en sachant ce que chacun apporte.
- Pour un adulte, la demande de RQTH décrit les situations de travail qui posent problème.
Commencez par la partie que vous connaissez le mieux : une semaine ordinaire, avec ses mauvais jours. Le reste du dossier s'écrit beaucoup plus facilement ensuite.