Votre RQTH en poche, vous avez lu qu'une entreprise de 20 salariés et plus doit employer 6 % de travailleurs handicapés. Vous pensez que les portes vont s'ouvrir ? Pas si vite : cette obligation pèse sur l'employeur, pas sur un poste précis.
Au sommaire (6 parties)
- Trouver des offres : Les sites officiels d'abord
- Cap emploi et France Travail : Un seul interlocuteur désigné
- Fonction publique : Concours aménagé ou contrat puis titularisation
- OETH, c'est quoi ? L'obligation d'emploi de 6 % et ce qu'elle ne garantit pas
- Dire ou non que vous avez une RQTH : Votre choix
- Votre plan de recherche, en cinq gestes
Trouver des offres : Les sites officiels d'abord
Commencez par le site de France Travail, qui a prévu des outils pour ça. Après une recherche par métier et par lieu, cliquez sur « plus de filtres » et cochez « entreprise handi-bienveillante » et/ou « entreprise adaptée ».
Une entreprise handi-bienveillante a choisi volontairement cette désignation, qui s'affiche sur ses annonces. Une entreprise adaptée est une structure aidée par l'État, où des postes sont réservés à des personnes handicapées.
Autre outil, moins connu : Handimatch. Un visuel « employeur handi-engagé » signale les annonces d'employeurs dont les actions de recrutement et d'accompagnement sont reconnues par France Travail.
Côté candidat, dans votre espace personnel, vous pouvez cliquer sur le consentement à informer de votre situation de handicap. Seuls les employeurs handi-engagés la voient, et vous changez d'avis quand vous voulez.
Pensez à joindre un CV à votre profil de compétences, sinon la visibilité reste faible.
Régis, comptable de 47 ans en reconversion, pourrait faire exactement ça en une soirée : filtres cochés, consentement donné, CV ajouté. Il garde la main sur ce que les employeurs voient.
France Travail cite aussi, parmi les sites spécialisés, Hanploi, une plateforme de recrutements inclusifs. Je le mentionne à titre d'exemple, sans le recommander ni le comparer à un autre. Lisez ces annonces comme n'importe quelle annonce, et ne payez rien pour postuler.
L'Agefiph, l'organisme qui finance l'emploi des personnes handicapées dans le privé, tient aussi son propre espace emploi. On y filtre les offres par lieu et par type de contrat, on peut déposer un CV et activer des alertes par mail.
Comme sur n'importe quel site d'offres, vérifiez l'employeur avant d'envoyer vos documents.
Pour la fonction publique, le site de référence est Place de l'emploi public, le principal site de diffusion des offres du secteur public. Il couvre l'État, les collectivités et les hôpitaux.
Allez aussi voir le site de la fonction publique : il tient en plus une page d'avis de recrutement pour les personnes en situation de handicap.

Cap emploi et France Travail : Un seul interlocuteur désigné
Si vous cherchez du travail, vous n'avez pas à choisir entre France Travail et Cap emploi. Depuis mai 2022, les demandeurs d'emploi en situation de handicap sont suivis dans un « lieu unique d'accompagnement ».
Un seul conseiller référent, de France Travail ou de Cap emploi, s'occupe de toutes vos démarches de retour à l'emploi.
Cap emploi, ce sont des organismes spécialisés qui préparent, accompagnent et suivent dans la durée les personnes handicapées, jusqu'au maintien dans l'emploi. Ils reçoivent les demandeurs d'emploi, mais aussi les salariés et les agents de la fonction publique.
Pour être accompagné, il faut détenir le statut de bénéficiaire de l'obligation d'emploi ou avoir engagé la démarche. Une demande de RQTH déposée suffit donc pour frapper à leur porte.
Premier geste : dites à France Travail que vous êtes reconnu. Mon Parcours Handicap le conseille expressément, pour être suivi par un conseiller qui connaît ces dispositifs. Si vous n'en parlez pas, il n'a aucune raison de vous orienter vers ce suivi spécialisé.
Fonction publique : Concours aménagé ou contrat puis titularisation
Dans le public, deux voies s'ouvrent à vous, et aucune n'a de limite d'âge.
La première est le concours, avec des aménagements : temps supplémentaire, aides techniques ou humaines. Il faut un certificat d'un médecin agréé de moins de 6 mois avant les épreuves, qui précise ce dont vous avez besoin.
La seconde saute le concours. L'administration vous recrute sur contrat, pour une durée égale à celle du stage d'un fonctionnaire. Vous avez une rémunération équivalente à celle d'un stagiaire issu du concours externe, une formation et un suivi personnalisé.
À la fin, une évaluation de vos aptitudes décide de la titularisation. Si elle est positive, vous êtes titularisé. Le contrat peut aussi être renouvelé.
Cette voie vise les catégories A, B et C, et pas les personnes déjà fonctionnaires. Elle repose sur l'article L352-4 du code général de la fonction publique.
Cette titularisation n'a donc rien d'automatique : l'aptitude doit être reconnue. Mais c'est la voie que beaucoup ignorent, alors qu'elle évite l'épreuve du concours.
Côté financement, le FIPHFP joue dans le public le rôle de l'Agefiph : il peut prendre en charge des aménagements de poste ou des aides au déplacement. Pour le privé, voyez la page sur les aides Agefiph.
Autre dispositif cité par service-public parmi les mesures ouvertes aux demandeurs d'emploi reconnus : l'emploi accompagné.
OETH, c'est quoi ? L'obligation d'emploi de 6 % et ce qu'elle ne garantit pas
OETH est le sigle de l'obligation d'emploi des travailleurs handicapés. C'est une règle qui s'adresse aux entreprises, pas aux candidats.
Les « bénéficiaires » de cette obligation ne sont pas seulement les titulaires de la RQTH. Le code du travail (article L5212-13) y ajoute notamment :
- les victimes d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle, avec une incapacité permanente d'au moins 10 %.
- les titulaires d'une pension d'invalidité qui réduit la capacité de travail d'au moins deux tiers.
- les titulaires de la carte mobilité inclusion mention invalidité.
- les titulaires de l'allocation aux adultes handicapés.
Si vous avez l'un de ces titres, vous pouvez donc compter dans les 6 % de votre employeur, même sans RQTH. À condition qu'il le sache.
Le texte qui fixe le taux est l'article L5212-2 du code du travail. Tout employeur emploie des bénéficiaires de l'obligation d'emploi dans la proportion minimale de 6 % de l'effectif total de ses salariés.
Elle s'applique aux employeurs d'au moins 20 salariés, et le taux est réexaminé tous les cinq ans. La RQTH est la porte d'entrée la plus courante vers ce statut de bénéficiaire.
Elle ne garantit rien à un candidat en particulier. Ce qu'elle change, c'est l'intérêt qu'une entreprise peut avoir à connaître votre statut.
Comment une entreprise remplit-elle son quota ? Elle a quatre possibilités :
- employer directement des personnes handicapées.
- signer un accord collectif.
- recourir à la sous-traitance, qui ne compte plus dans les 6 % mais se déduit de la contribution.
- payer chaque année une contribution à l'Agefiph.
La déclaration passe par la DSN, la déclaration sociale nominative, en avril. L'employeur y indique le statut de ses salariés, donc il doit le connaître pour vous compter.
Voilà pourquoi la RQTH ne fait pas de miracle toute seule.
Une entreprise a le choix entre vous embaucher et payer, et rien ne l'oblige à recruter une personne en particulier. Ce que votre statut change, c'est que l'entreprise y trouve de quoi remplir son obligation.
Dire ou non que vous avez une RQTH : Votre choix
Reste la question qui bloque : faut-il l'écrire sur son CV, l'annoncer à un recruteur ? La loi ne vous y oblige pas. Service-public est net : la déclaration de la RQTH à l'employeur n'est pas obligatoire.
Mais il y a un revers. Un employeur ne peut mettre en place des aménagements que s'il est informé, et il ne peut pas vous compter dans ses 6 % s'il ne connaît pas votre statut.
Mon avis, pour ce qu'il vaut : si votre handicap demande un aménagement dès le premier jour (un poste adapté, des horaires), dites-le avant la signature. Ce sera plus simple qu'après. Si ce n'est pas le cas, vous pouvez attendre le bon moment.
Un autre point se joue à la lecture de la notification : l'orientation. Elle peut indiquer le marché du travail ordinaire, un ESAT ou un centre de rééducation professionnelle.
Si l'orientation ne correspond pas à votre projet, relisez-la avant de candidater : c'est une décision que vous pouvez contester. Une fois en poste, les avantages de la RQTH (horaires, aménagements, formation) s'activent à votre demande.
Votre plan de recherche, en cinq gestes
- Prévenir France Travail de votre RQTH, ou de votre demande en cours.
- Vous faire suivre par un conseiller référent, de France Travail ou de Cap emploi.
- Filtrer les offres « entreprise handi-bienveillante » ou « entreprise adaptée » sur francetravail.fr.
- Donner le consentement de votre profil et y joindre un CV.
- Regarder la fonction publique : concours aménagé, ou contrat puis titularisation.
Chaque semaine compte quand on cherche. Choisissez un seul de ces gestes, faites-le aujourd'hui, et passez au suivant demain.