Où se garer quand marcher plus de quelques dizaines de mètres est déjà une épreuve ? La mention « stationnement » de la carte mobilité inclusion ouvre les places réservées.
Elle donne aussi la gratuité sur les places publiques, sans limite de durée. Reste à l'obtenir sans se faire refuser pour un dossier trop vague.
Au sommaire (6 parties)
Ce que permet la carte de stationnement handicapé
La carte vous donne deux droits distincts, pour vous ou pour la personne qui vous transporte.
Le premier, ce sont les places réservées : vous pouvez stationner sur les emplacements réservés aux personnes handicapées.
Le second, c'est la gratuité sur les places publiques. Sur toutes les places de stationnement ouvertes au public, sur la voirie, le stationnement est gratuit et sans limitation de durée.
Pas besoin de payer l'horodateur, pas besoin de revenir déplacer la voiture toutes les deux heures.
Cette gratuité a pourtant trois limites, et c'est là que naissent les mauvaises surprises. La commune peut fixer une durée maximale, mais jamais en dessous de 12 heures.
Les parkings à barrière, équipés de bornes d'entrée et de sortie accessibles depuis la voiture, restent payants au tarif normal. Quant aux parkings privés, ils ne sont pas concernés : la gratuité vaut pour la voirie publique.
Un cas particulier si vous vous garez à Paris. La gratuité y est prise en compte lors des contrôles grâce à un ticket virtuel « Handi », valable 2 ans.
Il faut que votre véhicule (ou celui de votre accompagnant régulier) soit référencé dans la base Handi'Stat.
Sans ce référencement, vous pouvez valider un « tarif Handi » gratuit sur les applications de stationnement ou à l'horodateur.
Elle est aussi valable dans les autres pays de l'Union européenne, avec les règles locales.
Bien placer la carte
La carte est attribuée à une personne, pas à une voiture. Vous pouvez donc l'utiliser dans n'importe quel véhicule, le vôtre ou celui d'un proche, que vous soyez conducteur ou passager.
Fixez-la contre le pare-brise, à l'avant, bien visible, et retirez-la quand la voiture ne vous sert plus. À moto, où on ne peut pas la fixer, il suffit de l'avoir sur soi.
Si vous avez aussi la CMI invalidité ou la carte priorité, vous recevez deux cartes : l'une reste dans la voiture, l'autre dans votre portefeuille.
Place handicapé occupée sans carte : L'amende
Se garer sur une place réservée sans carte, c'est un stationnement très gênant au sens du code de la route. L'amende forfaitaire est de 135 €.
Le véhicule peut en plus être immobilisé et envoyé en fourrière si le conducteur est absent ou refuse de le déplacer.
Le « juste deux minutes » qu'on entend devant la boulangerie ne tient pas. Deux minutes sur une place réservée, c'est la même infraction qu'une heure, et c'est parfois la seule place assez large pour sortir un fauteuil.
Qui a droit à la carte de stationnement
Le taux d'incapacité n'entre pas en compte, et il n'y a pas de limite d'âge. Il n'est pas non plus nécessaire d'avoir la CMI invalidité. Ce qui compte, ce sont vos déplacements, évalués selon un texte précis : l'arrêté du 3 janvier 2017.
Premier cas : vous marchez très difficilement. Votre périmètre de marche est limité et inférieur à 200 mètres. Ou vous avez besoin, à chaque sortie, d'une aide humaine, d'une prothèse de jambe, d'une canne ou d'un déambulateur, d'un fauteuil roulant ou d'une oxygénothérapie.
Second cas : vous ne pouvez pas vous déplacer seul. Une altération d'une fonction mentale, cognitive, psychique ou sensorielle vous oblige alors à être accompagné, et aucun déplacement seul n'est possible, même après un apprentissage.
Dans les deux situations, la difficulté doit être définitive ou durer au moins un an. La carte est aussi accordée aux personnes âgées qui touchent l'APA en GIR 1 ou 2.
Le deuxième critère : L'accompagnement
On pense souvent que la carte de stationnement est réservée à ceux qui ne marchent pas. Yasmina en sait quelque chose. Son fils Hugo, 9 ans, est autiste. Il marche très bien.
Mais il ne perçoit pas le danger de la circulation. Il peut partir en courant sur le parking, et il ne fait jamais un trajet sans un adulte qui le tient.
Dans son premier dossier, Yasmina avait écrit : « Hugo est autiste et a besoin d'être surveillé. » C'est vrai, et ça ne dit rien des déplacements.
Ce qu'elle aurait pu écrire : « Hugo ne fait aucun déplacement seul. Sur un parking, il lâche la main et part en courant vers la route, ce qui est arrivé deux fois ce mois-ci.
Malgré un travail de plusieurs mois avec son éducatrice, il ne sait pas attendre au bord d'un trottoir. Je dois le porter ou le tenir des deux mains entre la voiture et l'entrée de l'école. »
La seconde version colle au texte : pas de déplacement seul possible, même après apprentissage. Et si les parents sont séparés, chacun peut demander un second exemplaire de la carte pour les trajets avec l'enfant.
Formulaire pour la demande de carte de stationnement handicapé
Si vous n'êtes pas concerné par l'APA, la demande se fait à la MDPH, avec :
- le formulaire de demande Cerfa 15692*01.
- un certificat médical de moins d'un an.
- une pièce d'identité.
- un justificatif de domicile.
Le guide général de la carte détaille ces pièces et les cas particuliers.
Il n'existe pas de formulaire propre à la carte de stationnement. Le Cerfa 15692*01, intitulé « Demande ou renouvellement de prestations Handicap », sert pour la CMI comme pour l'AAH, la PCH ou l'AEEH.
Vous pouvez le remplir à l'écran sur service-public.gouv.fr ou le prendre en version papier auprès de votre MDPH. Vous pouvez aussi le compléter en ligne si elle propose un téléservice, ce qui est le cas de beaucoup d'entre elles.
Le certificat médical est un second document, le Cerfa 15695*01, que c'est votre médecin qui remplit.
Pour ceux qui demandent ou touchent déjà l'APA, la demande passe par les services du département, avec le dossier APA ou un formulaire spécifique.
Deux pièces font la différence pour cette mention.
- Le certificat médical. Il contient une rubrique « déplacement » : périmètre de marche, aides techniques à l'intérieur et à l'extérieur, besoin de pauses, besoin d'accompagnement à l'extérieur. Demandez à votre médecin de la remplir avec des chiffres, pas avec « marche difficile ».
- La partie « vie quotidienne » du formulaire. Décrivez un trajet réel : la distance, le nombre d'arrêts, l'aide utilisée, ce qui se passe quand le parking est loin de l'entrée.
L'équipe de la MDPH peut aussi vous convoquer pour évaluer votre capacité de déplacement. La décision revient ensuite au président du conseil départemental.
La carte ne finance pas l'adaptation de votre voiture. Pour un véhicule adapté ou un siège pivotant, c'est l'élément aménagement du logement ou du véhicule de la PCH qu'il faut demander, sur le même formulaire.
Refus, renouvellement, ancienne carte : Les délais à surveiller
En cas de refus, le recours ne va pas à la MDPH. Il faut écrire au président du conseil départemental dans les 2 mois : c'est le recours administratif préalable obligatoire. S'il ne répond pas dans les 2 mois, c'est un rejet.
Vous avez ensuite 2 mois pour saisir le tribunal administratif. Pour les mentions invalidité et priorité, c'est le tribunal judiciaire, si bien que la mention stationnement est la seule qui part devant le juge administratif.
Côté durée, la carte va de 1 à 20 ans. Elle est attribuée sans limite si votre situation ne peut pas s'améliorer, ou si vous touchez l'APA en GIR 1 ou 2. Le renouvellement se demande avec le même formulaire que la première fois.
Carte perdue, volée ou abîmée ? On refait la carte, ce qui invalide l'ancienne, et la refabrication coûte 10 €. Une fois la décision favorable prise, comptez environ 10 jours en moyenne pour recevoir la carte.
Si vous avez encore l'ancienne carte de stationnement, celle d'avant la CMI, retenez qu'elle n'est valable que jusqu'au 31 décembre 2026. Faites la demande maintenant.
Reste ce qui pourrait changer.
La loi n° 2026-492 du 12 juin 2026 prévoit d'accélérer le traitement des demandes de mention stationnement pour un mineur atteint d'une maladie ou d'un handicap particulièrement grave. La commission doit décider en deux mois. Sans décision, le président du conseil départemental délivre la carte.
Une expérimentation d'un an dans dix départements est aussi prévue. Ses textes d'application ne sont pas encore parus : pour l'instant, la procédure décrite ici est celle qui s'applique.

Votre carte de stationnement en résumé
- La carte suit la personne, pas la voiture, et se place derrière le pare-brise.
- Gratuité sur la voirie publique, au moins 12 heures, mais pas dans les parkings à barrière ni les parkings privés.
- Taux d'incapacité inutile : ce sont vos déplacements qui comptent.
- Dans le dossier, chiffrez la distance, nommez l'aide, décrivez un trajet réel.
- En cas de refus : président du conseil départemental, puis tribunal administratif.
Vous avez un doute sur un cas précis de stationnement ? Posez-le en commentaire sous une vidéo de la chaîne Avis Favorable.