Vous venez de recevoir votre carte mobilité inclusion et vous vous demandez si bus, tram et train deviennent gratuits ? Réponse courte : pas partout, et pas pour tout le monde.
Sur tout le territoire, la carte donne une priorité pour les places assises. Pour le reste, ça dépend de votre commune ou de votre région.
Au sommaire (11 parties)
- Ce que la carte donne partout en France
- Train SNCF : Le billet de l'accompagnateur, selon votre mention
- Accès Plus et Assist'enGare : Se faire aider en gare
- Assistance en gare SNCF : Réserver Assist'enGare, étape par étape
- Bus et tram gratuits ? Cela dépend de votre réseau
- TPMR et transport adapté : Le service de votre territoire
- PAM Île-de-France : Le transport à la demande des Franciliens
- Les trajets vers l'école ou l'établissement : Qui paie
- Taxi PMR : Qui paie, et dans quels cas
- Avion : L'assistance à l'aéroport est gratuite
- Avant votre prochain trajet
Ce que la carte donne partout en France
Deux droits valent sur tout le territoire. D'abord la priorité d'accès aux places assises dans les transports en commun, avec la mention priorité comme avec la mention invalidité. Dans les deux cas, la personne qui vous accompagne lors de vos déplacements en profite aussi.
Ensuite, uniquement avec la mention invalidité, des réductions sur les titres de transport. Mon Parcours Handicap les dit « sous conditions », et service-public vous renvoie vers l'organisme de transport pour connaître les avantages précis.
La carte ouvre la porte, mais c'est chaque transporteur qui décide de ce qu'il y a derrière.
Un texte national pèse quand même sur les transporteurs. L'article L1111-5 du code des transports impose des mesures tarifaires spécifiques pour les accompagnateurs des personnes titulaires d'une carte d'invalidité ou d'une carte mobilité inclusion.
Ces mesures peuvent aller jusqu'à la gratuité : peuvent, pas doivent. Le texte ne fixe ni pourcentage ni obligation de gratuité, ce qui explique les différences d'un réseau à l'autre.
Reste la sous-mention « besoin d'accompagnement », inscrite sur la carte invalidité dans des cas précis :
- avant 20 ans, un complément d'AEEH.
- après 20 ans, l'aide humaine de la PCH, la majoration pour tierce personne ou une pension d'invalidité de 3e catégorie.
C'est elle qui change le plus de choses dans le train.
Train SNCF : Le billet de l'accompagnateur, selon votre mention
La SNCF applique une grille nationale pour l'accompagnateur, et tout dépend de ce qui est écrit sur votre carte.
| Votre carte | Le billet de votre accompagnateur |
|---|---|
| CMI invalidité sans sous-mention | 50 % de réduction |
| CMI invalidité avec « besoin d'accompagnement » ou « cécité » | Il ne paie que la réservation éventuelle |
| Carte « priorité personne handicapée » | Aucune réduction |
Imaginons Fatou, dont la carte invalidité porte la sous-mention « besoin d'accompagnement ». Sa sœur voyage avec elle : elle ne paie que la réservation, si le train en demande une.
Sans cette sous-mention, la même sœur aurait 50 % de réduction. Et avec la seule mention priorité, rien du tout.
Pour la personne handicapée elle-même, la SNCF parle de tarifs spécifiques selon la carte. Ils varient selon le train, donc regardez-les au moment de réserver.
Si vous voyagez en fauteuil roulant, la SNCF prévoit :
- un emplacement prévu pour le fauteuil en 2de classe sur les INTERCITÉS.
- la 1re classe au prix de la 2de sur les TGV INOUI.
Vos trois premiers accompagnants supplémentaires ont 30 % de réduction sur le tarif Loisir en 1re classe. Une réservation peut regrouper jusqu'à 9 voyageurs, dans la limite des emplacements disponibles.
Au moment de réserver, déclarez le voyageur handicapé et ajoutez son accompagnateur. En voyage, gardez la carte à portée de main : le contrôleur peut la demander.
Accès Plus et Assist'enGare : Se faire aider en gare
Deux services portent des noms qu'on confond souvent.
Accès Plus est un service de réservation par téléphone : le 3635#45, puis la touche 2, tous les jours de 8 h à 20 h. Il sert à réserver les billets pour vous et votre accompagnateur, et à obtenir des conseils sur l'emplacement à bord.
Assist'enGare, c'est l'assistance sur place, et elle est gratuite. Un agent vous accompagne du point de rendez-vous fixé en gare jusqu'à votre place, puis, à l'arrivée, jusqu'à la sortie ou à votre correspondance.
Elle s'adresse aux voyageurs en fauteuil roulant, aux titulaires d'une CMI ou d'une carte d'invalidité, et aux personnes qui se déplacent avec difficulté.
Sur le délai, soyez prudent avec les vieilles pages. Une fiche de la MDPH de Paris datée de 2020 parle de 48 heures.
La page de Mon Parcours Handicap, mise à jour en décembre 2025, indique de réserver au moment de l'achat du billet et au plus tard 24 heures avant le départ.
Présentez-vous 30 minutes avant le train, avec un seul bagage de 15 kg au maximum. Pour un fauteuil, des gabarits s'appliquent (70 cm de large au maximum, par exemple) : vérifiez-les avant de réserver.

Assistance en gare SNCF : Réserver Assist'enGare, étape par étape
Besoin d'un agent pour monter dans le train ? La SNCF a regroupé la réservation de l'assistance dans un point de contact unique, Assist'enGare. Il couvre les trains régionaux, nationaux et internationaux au départ de la France.
Pour réserver, deux possibilités :
- le formulaire de demande en ligne d'Assist'enGare, sur SNCF Connect.
- le téléphone, au 3212, tous les jours de 8 h à 20 h, appel non surtaxé.
Un centre-relais existe pour les personnes sourdes ou malentendantes. Pour modifier ou annuler, passez par les mêmes canaux.
Le jour du départ, allez au point de rendez-vous assistance de la gare, 30 minutes avant le train.
Et si l'assistance ne se passe pas comme prévu pendant le voyage ? La SNCF a une Ligne d'Urgence Accessibilité, ouverte 24 h sur 24. Son numéro figure dans votre mail de confirmation, gardez-le sous la main.
Un point à vérifier avant d'acheter : les trains OUIGO Train Classique ne sont pas compatibles avec le transport d'un fauteuil roulant.
Bus et tram gratuits ? Cela dépend de votre réseau
Passons au quotidien, le bus et le tram de votre ville. Mauvaise nouvelle : aucune règle nationale ne les rend gratuits.
Une réponse du ministère publiée en 2015 le dit sans détour. Le législateur a laissé aux collectivités la compétence de la tarification préférentielle, et la tarification des transports publics relève des autorités organisatrices.
Donc la même carte peut ouvrir la gratuité dans une agglomération, une réduction dans la voisine, et rien ailleurs.
Je ne vous donne pas de liste de villes gratuites. Je n'ai trouvé aucune source officielle nationale qui en tienne une, et ces tarifs peuvent changer d'une année à l'autre.
Un exemple vérifié, pour voir à quoi ça ressemble : l'Île-de-France. Sur le site officiel de la Tarification Solidarité Transport, géré avec Île-de-France Mobilités, les porteurs de certaines cartes d'invalidité (CMI ou ONAC) et leurs accompagnants font partie des bénéficiaires.
Selon la situation, la gratuité peut s'appliquer à la personne, à celle qui l'accompagne, ou aux deux, et un passe Navigo est indispensable. C'est un exemple, pas une règle : ailleurs, ce sera un autre guichet et d'autres conditions.
Pour savoir où vous en êtes, appelez ou passez voir le réseau de votre ville, ou le service mobilité de votre agglomération. Trois questions suffisent :
- y a-t-il une gratuité ou une réduction pour un titulaire de CMI invalidité ?
- y en a-t-il une pour mon accompagnateur ?
- faut-il une carte du réseau en plus de la CMI ?
TPMR et transport adapté : Le service de votre territoire
Le TPMR, le transport de personnes à mobilité réduite, est un service spécialisé que la collectivité peut mettre en place à côté de ses lignes régulières. Le ministère de la Transition écologique écrit que les TPMR sont « indispensables mais pas obligatoires ».
La collectivité décide à qui il s'adresse, quels jours, sur quel périmètre, en porte-à-porte ou non, et à quel prix. Si votre territoire n'en a pas, rien ne l'y oblige.
Quand il existe, la loi vous protège sur un point. Pour les titulaires de la CMI invalidité, l'accès à un service de transport adapté ne peut pas être restreint :
- par une obligation de résidence sur le territoire du service.
- par un passage devant une commission médicale locale.
Les conditions d'inscription restent fixées par la collectivité : demandez-les-lui.
Il existe une autre garantie, plus discrète. Si un arrêt jugé prioritaire ne peut techniquement pas être rendu accessible, l'autorité organisatrice doit mettre en place un service de substitution, un transport ou des mesures équivalentes.
Il ne doit pas vous coûter plus cher que le transport public existant.
PAM Île-de-France : Le transport à la demande des Franciliens
En Île-de-France, le transport adapté a un nom : Pam, pour « Pour aider à la mobilité ». C'est un service de transport routier à la demande, financé par Île-de-France Mobilités, la Région, les départements franciliens et la Ville de Paris.
Il couvre toute la région, et rien que la région.
Pour y être inscrit, il faut l'un de ces justificatifs :
- une CMI portant la mention invalidité.
- une carte d'invalidité avec un taux d'au moins 80 %, valable seulement jusqu'au 31 décembre 2026.
- une carte de stationnement de l'Office national des anciens combattants.
- une évaluation en GIR 1 à 4, pour les personnes âgées.
Inscrivez-vous d'abord : c'est obligatoire et gratuit. Cela se fait en ligne, par courrier ou en agence, avec le centre de services au 0 800 00 18 18, de 7 h à 20 h.
Côté réservation, un trajet occasionnel se demande au plus tôt 30 jours avant et au plus tard la veille avant midi. Un trajet régulier se demande entre 90 jours et 7 jours avant le premier trajet.
Pour le prix des courses, reportez-vous au site officiel du Pam : je ne le recopie pas ici.
Les trajets vers l'école ou l'établissement : Qui paie
Pour un enfant, le transport du quotidien est souvent la vraie dépense. Et là, la règle dépend de l'endroit où il est scolarisé.
Si votre enfant va dans un établissement médico-éducatif, les frais de transport sont inclus dans le prix de journée de l'établissement, et l'Assurance maladie les prend en charge intégralement. Vous n'avez rien à avancer.
S'il est dans une école ordinaire, les frais peuvent être remboursés, mais rien n'est automatique : il faut en faire la demande.
Prenons Lucas, qui ne peut pas prendre le bus scolaire. Sa mère l'emmène en voiture : le remboursement se calcule au tarif fixé par le département, d'après le nombre de kilomètres faits chaque jour entre la maison et l'école.
Si la famille passe par un taxi ou un minibus, c'est le coût réel qui est remboursé.
La demande se fait par courrier simple au directeur de l'établissement, avec :
- la copie de la décision de la MDPH.
- l'emploi du temps.
- une attestation sur l'honneur ou le devis du transporteur.
Le directeur transmet au département, qui rembourse. Certains départements paient directement le transporteur, ce qui évite l'avance.
Côté MDPH, le transport scolaire adapté se demande dans le dossier.
Mon Parcours Handicap précise qu'il s'adresse aux enfants qui ne peuvent pas utiliser les transports en commun à cause de la gravité de leur handicap, médicalement établie. Le département prend en charge les frais.
Taxi PMR : Qui paie, et dans quels cas
Un taxi adapté aux fauteuils roulants n'est pas gratuit du seul fait de la carte : ni service-public ni Mon Parcours Handicap ne le citent parmi ses droits. Il existe pourtant trois cas où quelqu'un paie à votre place, en tout ou partie.
Le premier est médical. L'Assurance maladie rembourse un taxi, un VSL ou une ambulance quand le trajet est justifié par votre état de santé, avec une prescription de votre médecin ou une convocation. Certains trajets demandent un accord préalable, qu'il faut obtenir avant de partir.
Le deuxième concerne le travail. L'Agefiph peut financer, jusqu'à 12 000 € par période de 12 mois, un aménagement de véhicule ou des frais de transport (taxi, VTC, transport adapté) pour aller travailler.
Mais seulement si :
- le handicap vous empêche de prendre les transports en commun.
- vous n'avez pas de véhicule personnel.
- vous avez d'abord sollicité les autres dispositifs, la PCH en tête.
Le troisième, c'est justement la PCH. Elle peut financer des surcoûts de transport et l'aide pour aménager un véhicule. Si vous roulez, la carte de stationnement est un autre sujet, avec ses propres critères.
Avion : L'assistance à l'aéroport est gratuite
On l'oublie parce que ce n'est pas la CMI qui l'ouvre, mais l'assistance à l'aéroport ne coûte rien.
Un règlement européen garantit aux passagers handicapés ou à mobilité réduite une aide spécifique et gratuite dans l'aéroport et à bord de l'avion : enregistrement, contrôle de sûreté, embarquement, arrivée. Jusqu'à deux équipements de mobilité par passager sont transportés sans supplément.
Pour que l'aide soit au rendez-vous, signalez vos besoins et vos équipements à la compagnie, avec leur poids et le type de batterie. Faites-le dès la réservation, et au plus tard 48 heures avant le vol.
Si vous êtes en retard sur ce délai, l'aéroport doit tout de même faire des efforts raisonnables pour vous aider à prendre votre vol.
En cas de litige avec une compagnie ou un exploitant d'aéroport, vous pouvez saisir la Direction générale de l'aviation civile.
Avant votre prochain trajet
- Regardez la mention exacte sur votre carte : invalidité, avec ou sans « besoin d'accompagnement », ou priorité.
- En train, déclarez l'accompagnateur à la réservation et gardez la carte sur vous.
- Pour l'assistance en gare, réservez au plus tard 24 heures avant le départ.
- Pour le bus et le tram, demandez au réseau de votre ville ce qu'il propose à un titulaire de CMI et à son accompagnateur.
- Pour un taxi, demandez à votre médecin si le trajet peut faire l'objet d'une prescription.
Un tarif ou une règle de votre réseau vous semble différent de ce que je décris ? Dites-le en commentaire sous une vidéo de la chaîne Avis Favorable : les réseaux changent, et vos retours nous aident à garder la page à jour.