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Carte mobilité inclusion invalidité : Conditions et avantages

Par Maud, Avis Favorable · publié le 8 octobre 2026

Carte mobilité inclusion invalidité : Conditions et avantages

Votre taux d'incapacité atteint-il 80 % ? Pour la carte handicapé (CMI) mention invalidité, c'est presque la seule question qui compte, avec une exception pour les pensionnés de 3e catégorie. C'est la plus complète des trois cartes, alors autant bien la demander.

Au sommaire (8 parties)
  1. Carte d'invalidité : 80 % ou la 3e catégorie
  2. Les avantages de la carte invalidité, un par un
  3. Demi-part fiscale : Ce que la carte rapporte aux impôts
  4. Justificatif pour l'abattement handicapé en succession : La carte suffit-elle ?
  5. Demander la carte d'invalidité : Préparer un dossier qui montre les 80 %
  6. Durée, renouvellement et ancienne carte
  7. Refus de la carte d'invalidité : Les recours
  8. Avant de demander la carte d'invalidité

Carte d'invalidité : 80 % ou la 3e catégorie

Deux portes ouvrent la mention invalidité.

La première porte, c'est un taux d'incapacité d'au moins 80 %, fixé par la CDAPH, la commission de la MDPH, à partir du guide-barème officiel.

À ce niveau, le barème parle d'une « entrave majeure » dans la vie quotidienne, avec une atteinte de l'autonomie individuelle.

Vous devez être aidé, totalement ou partiellement, ou surveillé pour les actes essentiels, ou bien vous ne les accomplissez qu'avec les plus grandes difficultés. Le détail des seuils est expliqué dans la page sur le taux d'incapacité.

La seconde, c'est un classement en 3e catégorie de pension d'invalidité par la Sécurité sociale. Dans ce cas, pas besoin de taux MDPH.

Il faut aussi être français, ressortissant de l'Espace économique européen ou titulaire d'un titre de séjour valide, et habiter le département où vous déposez la demande. Il n'y a pas de limite d'âge.

Si la MDPH vous reconnaît un taux de 50 à 79 % et que rester debout vous est pénible, la mention adaptée est la CMI priorité. Elle donne les priorités, mais aucun avantage fiscal ni réduction tarifaire.

Les avantages de la carte invalidité, un par un

Elle réunit les places assises, les files d'attente, les droits de travailleur handicapé sans démarche en plus, des réductions dans les transports et une demi-part d'impôt.

Par contre, elle ne donne pas tout ce qu'on lui prête. Les réductions de transport dépendent de chaque transporteur, et la demi-part d'impôt vient de la carte, pas d'une pension ni de la RQTH.

Priorité partout où l'on attend

La carte donne une priorité d'accès aux places assises :

Elle donne aussi une priorité dans les files d'attente. La personne qui vous accompagne a les mêmes droits. La loi impose que ce droit soit affiché de façon claire et visible dans les lieux concernés.

Une autre attente se joue ailleurs : celle d'un logement. La page sur la priorité pour un logement social fait le point pour les personnes handicapées.

Les droits de travailleur handicapé, sans RQTH

Avec la CMI invalidité, vous bénéficiez des dispositions prévues pour les travailleurs handicapés, dans le privé comme dans le public. Vous n'avez pas à demander la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé.

Des réductions dans les transports

SNCF, RATP, Air France, entre autres, accordent des réductions sous conditions. Elles ne sont pas automatiques : chaque transporteur fixe ses règles, renseignez-vous auprès de lui. Le détail de ces réductions dans les transports a sa propre page.

Les deux sous-mentions

Deux sous-mentions peuvent s'y ajouter : la mention « besoin d'accompagnement » ouvre des réductions ou la gratuité pour la personne qui vous accompagne, notamment dans le train.

Après 20 ans, elle est inscrite si vous touchez l'une de ces aides :

Avant 20 ans, elle suppose un complément d'AEEH de la 3e à la 6e catégorie. Elle peut aussi reposer sur l'aide humaine de la PCH, choisie à la place d'un complément d'au moins 3e catégorie.

La mention « cécité », elle, est inscrite quand la vision centrale est inférieure à 1/20e de la normale après correction.

Demi-part fiscale : Ce que la carte rapporte aux impôts

C'est souvent l'avantage le plus concret, et le plus mal compris.

Si vous vivez seul, vous avez droit à une part de quotient familial, plus une demi-part supplémentaire si vous avez la CMI invalidité.

En couple, marié ou pacsé, vous avez deux parts, plus une demi-part si l'un de vous a la carte, et une part entière si vous l'avez tous les deux.

Enfin, une personne invalide peut vivre sous votre toit. Si elle a la CMI invalidité, elle peut être comptée à votre charge, avec une majoration d'une part, sans condition de parenté, d'âge ou de revenu.

Attention, ce n'est pas cumulable avec la déduction des frais d'accueil d'une personne de plus de 75 ans.

L'avantage est plafonné. Pour la demi-part liée à l'invalidité, sur les revenus de 2025, le gain est limité à 1 807 €. S'y ajoute une réduction complémentaire de 1 801 €, soit 3 608 € au maximum.

Maintenant, le piège. Service-public liste deux situations qui ouvrent la demi-part d'invalidité : la CMI invalidité, ou une pension militaire ou d'accident du travail d'au moins 40 %.

Une pension d'invalidité de la Sécurité sociale n'y figure pas, et la RQTH non plus. Si vous êtes pensionné d'invalidité ou reconnu travailleur handicapé sans avoir la carte, vous n'avez pas cette demi-part.

Le point est détaillé dans la page RQTH et impôts.

Justificatif pour l'abattement handicapé en succession : La carte suffit-elle ?

Vous héritez, et on vous parle d'un abattement pour handicap. Faut-il sortir la carte d'invalidité ? Pas forcément, et elle ne suffit pas toujours.

Cet abattement est de 159 325 € sur la part de l'héritier, du légataire ou du donataire. Il faut être incapable de travailler dans des conditions normales de rentabilité, à cause d'une infirmité physique ou mentale. Il s'ajoute à l'abattement lié au lien de parenté.

Côté preuves, il n'existe pas de liste officielle de pièces. Une réponse ministérielle, publiée au Journal officiel du 4 avril 2017, admet tous les moyens de preuve. Elle cite le certificat médical circonstancié, ou le certificat d'un établissement scolaire spécialisé.

Elle cite aussi une décision de la commission de la MDPH qui oriente vers un ESAT ou une entreprise adaptée.

Si vous avez la carte d'invalidité, elle peut aider. Mais aucun pourcentage minimum n'est fixé, et la même réponse précise que la posséder n'est pas systématiquement nécessaire, ni suffisante.

Attention au moment, car l'infirmité doit exister le jour de l'ouverture de la succession. Et l'abattement ne vise pas ceux qui ont mené une carrière normale avant d'être atteints, à un âge avancé.

Alors rassemblez tout : la carte, la notification de la MDPH, et un certificat de votre médecin. Il doit expliquer pourquoi vous ne pouvez pas travailler normalement. C'est l'administration fiscale qui décide, après examen de l'ensemble.

Demander la carte d'invalidité : Préparer un dossier qui montre les 80 %

Sans APA, la demande se fait à la MDPH, sur papier ou en ligne, avec :

Vous pouvez demander la mention stationnement sur le même formulaire. Avec l'APA, elle passe par le département, qui demande aussi le justificatif de votre pension si vous êtes en 3e catégorie.

Pour la mention invalidité, le dossier doit montrer une atteinte de l'autonomie dans les actes de tous les jours. Le guide-barème les liste :

Prenons Serge, 63 ans, atteint de la maladie de Parkinson. Dans son formulaire, il avait résumé : « Parkinson depuis 8 ans, traitement lourd. »

Ce qu'il aurait gagné à écrire : « Le matin, avant que le traitement agisse, je ne peux pas boutonner ma chemise ni me raser : ma femme le fait.

« Je mets une heure à prendre ma douche, assis, et elle reste à côté par peur de la chute. Je ne coupe plus ma viande. Deux fois par semaine, je reste bloqué en marchant dans le couloir. »

Dans la seconde version, chaque phrase correspond à un acte du barème, avec l'aide reçue. C'est cette lecture-là que fait l'équipe de la MDPH. Demandez à votre médecin de cocher les mêmes difficultés dans le certificat, à la rubrique sur le retentissement.

Exemple avant et après pour décrire ses gestes du quotidien dans une demande de carte mobilité inclusion invalidité

Durée, renouvellement et ancienne carte

La carte est attribuée à titre définitif si votre taux est d'au moins 80 % et que votre handicap ne peut pas évoluer favorablement. Elle l'est aussi si vous touchez l'APA en GIR 1 ou 2. Sinon, elle est accordée pour 1 à 20 ans.

Si elle a une date de fin, demandez le renouvellement 4 à 6 mois avant, avec le même formulaire que la première fois. L'ancienne carte d'invalidité, en carton, n'est valable que jusqu'au 31 décembre 2026 : si vous l'avez encore, n'attendez pas.

Après l'accord, l'Imprimerie nationale vous écrit pour vous demander une photo, et la carte arrive environ 10 jours après. En cas de perte ou de vol, le duplicata coûte 10 €.

Refus de la carte d'invalidité : Les recours

Le refus vient du président du conseil départemental, pas de la MDPH. Le recours aussi.

  1. Commencez par le recours administratif préalable obligatoire, dans les 2 mois suivant la notification, adressé au président du conseil départemental. Indiquez en objet « RAPO CMI invalidité », expliquez ce qui a été mal pris en compte, joignez la décision. Sans réponse dans les 2 mois, c'est un rejet.
  2. Saisissez ensuite le tribunal judiciaire, dans les 2 mois qui suivent la réponse, avec une copie de celle-ci ou l'accusé de réception de votre RAPO.

Avant de demander la carte d'invalidité

Si votre situation sort de ces cas, laissez votre question en commentaire sous une vidéo de la chaîne Avis Favorable.

Vos questions

Une pension d'invalidité donne-t-elle droit à la carte d'invalidité ?

Seulement en 3e catégorie. Les personnes classées en 3e catégorie par la Sécurité sociale peuvent obtenir la CMI invalidité sans taux de 80 %. En 1re ou 2e catégorie, c'est le taux d'incapacité fixé par la MDPH qui compte.

Faut-il demander aussi la CMI priorité ?

Non. La mention invalidité donne déjà tous les avantages de la mention priorité. En revanche, vous pouvez demander en même temps la mention stationnement si vos déplacements à pied sont très limités : vous recevez alors deux cartes.

La carte d'invalidité donne-t-elle droit à l'AAH ?

Non, ce sont deux droits séparés, même s'ils se demandent sur le même formulaire MDPH. Un taux de 80 % ouvre la porte aux deux, mais l'AAH dépend aussi de vos ressources et est versée par la Caf.

La réduction SNCF est-elle automatique avec la carte ?

Non. Les réductions dans les transports existent sous conditions, et chaque transporteur fixe les siennes (SNCF, RATP, Air France notamment). Présentez votre carte et renseignez-vous auprès de lui avant d'acheter votre billet.

Existe-t-il une carte invalidité catégorie 2 ?

Non. La CMI se décline en mentions (invalidité, priorité, stationnement), pas en catégories. Les catégories 1, 2 et 3 viennent de la pension d'invalidité de la Sécurité sociale, et seule la 3e ouvre la CMI invalidité sans taux. Classé en 2e catégorie, il faut que la MDPH vous reconnaisse un taux d'au moins 80 %.

Sources officielles (vérifiées le 5 octobre 2026)
  1. Service-public : Carte mobilité inclusion (CMI)
  2. Mon Parcours Handicap : La CMI mention invalidité
  3. Légifrance : article L241-3 du code de l'action sociale et des familles
  4. Service-public : Impôt sur le revenu, quotient familial d'une personne seule
  5. Service-public : Impôt sur le revenu, quotient familial d'un couple marié ou pacsé
  6. Légifrance : annexe 2-4 du CASF (guide-barème)
  7. Service-public : Droits de succession, abattements (héritier handicapé)
  8. BOFiP : BOI-ENR-DMTG-10-50-20, abattements sur la part nette de chaque ayant droit (publié le 24/05/2023)
  9. Assemblée nationale : réponse du ministère à la question écrite n° 67474 sur les justificatifs de l'abattement (JO du 4 avril 2017)

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