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Aidant épuisé : Où trouver du répit quand on n'en peut plus

Par Maud, Avis Favorable · publié le 12 octobre 2026

Aidant épuisé : Où trouver du répit quand on n'en peut plus

Vous êtes aidant familial et à bout ? Si ça ne va plus ce soir que ça ne va plus, appelez le 0 800 360 360, un numéro vert gratuit pour les proches aidants.

L'hébergement temporaire passe par la MDPH, qui a en général quatre mois pour répondre. Quatre mois, quand on est épuisé, c'est une éternité.

Au sommaire (7 parties)
  1. Aidant épuisé : À qui parler dès aujourd'hui
  2. Épuisement de l'aidant : Les signes, et comment le devancer
  3. Les solutions de répit qui existent vraiment
  4. Obtenir un accueil temporaire, étape par étape
  5. Financer le répit : Les aides possibles
  6. Les pièges qui retardent le répit
  7. Votre plan de répit en cinq lignes

Aidant épuisé : À qui parler dès aujourd'hui

Si vous lisez cette page à 23 h, après une journée de trop, commencez par là. Ces contacts sont nationaux et officiels.

Et n'oubliez pas votre propre médecin. L'épuisement de l'aidant, c'est aussi une question de santé, la vôtre.

Épuisement de l'aidant : Les signes, et comment le devancer

On ne s'épuise pas du jour au lendemain, et on se reconnaît rarement dans le mot. Le portail officiel pour les personnes âgées cite trois signes que votre médecin peut repérer : un sommeil qui se dégrade, de l'anxiété, des douleurs.

La Haute Autorité de santé en ajoute d'autres, dans ses recommandations sur le répit des aidants :

Si vous cochez plusieurs lignes, c'est un message de votre corps, pas un manque de courage.

Prévenir, concrètement, tient en trois gestes :

Les solutions de répit qui existent vraiment

Il n'y a pas une solution, il y en a plusieurs, du répit de quelques heures au séjour de plusieurs semaines.

Premier niveau de répit : l'accueil de jour ou de nuit. Votre proche est accueilli à la journée ou à la demi-journée, une ou plusieurs fois par semaine, dans une structure adaptée.

Il faut une décision de la CDAPH, la commission de la MDPH, sauf en cas d'urgence.

L'hébergement temporaire va plus loin. Votre proche est accueilli quelques jours ou quelques semaines dans un établissement : institut médico-éducatif, foyer d'accueil médicalisé, structure sanitaire.

C'est la CDAPH qui fixe le nombre de jours, dans la limite de 90 jours par année civile. Il peut être planifié à l'avance par périodes, ou mobilisé en urgence.

Autre piste : la famille d'accueil ou la maison de répit. L'accueil familial se demande au conseil départemental. Les maisons de répit sont des lieux souvent médicalisés, mais il n'en existe pas partout.

Le répit peut aussi se passer à la maison. Quelqu'un vient chez vous prendre le relais pendant que vous vous absentez : c'est le relayage, qu'on appelle aussi baluchonnage.

Des services de répit à domicile et des aides de nuit pour le lever et le coucher existent également.

Restent les séjours de répit, c'est-à-dire des vacances adaptées, pour votre proche seul ou pour vous deux. Renseignez-vous auprès de l'Agence nationale des chèques-vacances, de la Caf pour les enfants handicapés, de la MDPH, ou de l'assistante sociale de l'établissement qui suit votre proche.

Annick a 57 ans et son mari a fait un AVC à 55 ans. Elle fait tout : la toilette, les repas, les rendez-vous. Quand sa fille lui parle d'accueil de jour, elle répond « je tiendrai bien jusqu'à l'été ».

En mai, elle se casse le poignet. Rien n'est prêt, aucun établissement ne connaît son mari, et c'est sa fille qui pose une semaine de congé en catastrophe. Si la demande avait été faite à l'automne, la décision aurait été là avant l'accident.

Obtenir un accueil temporaire, étape par étape

  1. Faites la demande à la MDPH. Elle se fait avec le formulaire de demande habituel ou par le téléservice si votre MDPH le propose. Les coordonnées sont dans l'annuaire des MDPH par département. Cochez l'orientation vers un établissement ou service médico-social, et décrivez le besoin : quelques jours par trimestre, un week-end par mois, des journées en semaine.
  2. Remplissez la partie F. C'est la partie réservée à l'aidant. Vous pouvez y cocher « pouvoir vous reposer au quotidien », « pouvoir vous faire remplacer en cas d'imprévu » ou « pour partir en week-end ou en vacances ». Signalez aussi une difficulté à assurer l'accompagnement, épuisement compris. Ne minimisez pas. Dites les choses comme elles sont, sans faire comme si tout allait bien.
  3. Attendez la décision, mais pas les bras croisés. La CDAPH répond en général dans les 4 mois. Sans réponse au-delà, la demande est considérée comme rejetée. Pendant ce temps, contactez la plateforme de répit : elle peut vous aider à repérer les établissements.
  4. Contactez les établissements. La décision de la CDAPH donne la liste des établissements qui proposent un accueil temporaire, avec leurs coordonnées. C'est à vous de les appeler pour vérifier qu'il y a de la place, en joignant une copie de la décision.
  5. En cas de refus, vous pouvez écrire à la CDAPH pour contester, avec la décision et les documents utiles. Elle a 2 mois pour répondre.

Financer le répit : Les aides possibles

Le répit a un coût. Plusieurs aides peuvent le réduire.

En hébergement temporaire pour une personne handicapée, les frais ne peuvent pas dépasser 23 € par jour. La participation dépend des ressources, et l'aide sociale du département peut prendre le relais. Pour un mineur, les frais sont totalement pris en charge.

Si votre proche a plus de 60 ans et touche l'APA à domicile, le département peut majorer son plan d'aide pour financer votre répit.

Il faut que vous soyez un aidant indispensable : sans vous, il serait en danger, et personne d'autre qu'un professionnel ne peut vous remplacer. Cette majoration atteint 583,52 € par an au maximum.

Si c'est vous qui êtes hospitalisé, une majoration ponctuelle peut aller jusqu'à 1 159,32 € par hospitalisation.

La PCH ou l'AEEH de votre proche peuvent servir à financer des solutions de répit : déplacements, surcoûts d'un séjour de répit ou de vacances adaptées. Si vous aidez sans rien percevoir, regardez aussi comment dédommager un aidant familial avec la PCH.

Et si vous travaillez, le congé de proche aidant vous permet de suspendre ou réduire votre activité, et l'allocation journalière du proche aidant compense une partie du salaire perdu.

Le congé peut démarrer sans délai en cas d'urgence attestée par un certificat médical, ou si l'établissement qui accueillait votre proche s'arrête brutalement.

Les services à domicile, eux, ouvrent droit à un crédit d'impôt de 50 % de la rémunération et des cotisations versées, avec une avance immédiate possible depuis janvier 2022.

Enfin, le CCAS de votre commune, le fonds d'action sociale du département, votre caisse de retraite ou votre mutuelle peuvent aider sur le reste à charge. Demandez, ça ne coûte rien.

Les chiffres du répit pour un aidant épuisé : jours d'hébergement temporaire, coût par jour, délai de la commission

Les pièges qui retardent le répit

Le premier piège, c'est d'attendre la crise. On l'a vu avec Annick : la demande se fait quand ça va encore à peu près.

Autre erreur, s'en tenir à une seule solution, alors qu'un accueil de jour régulier et quelques semaines d'hébergement temporaire dans l'année se combinent très bien.

Beaucoup croient aussi que le répit est réservé aux personnes âgées. C'est faux : les plateformes de répit accompagnent les aidants de personnes handicapées de tout âge.

Dans le dossier, on oublie souvent de parler de soi, alors que la partie F existe pour ça. Vous ne savez pas si vous comptez comme aidant ? Le statut d'aidant familial est expliqué dans une page à part.

Quant au prix, il fait renoncer avant même d'avoir demandé les aides. Pourtant, le plafond de 23 € par jour et la prise en charge totale pour les mineurs changent souvent la donne.

Votre plan de répit en cinq lignes

Prendre du répit, ce n'est pas abandonner votre proche. C'est faire en sorte de pouvoir continuer à l'aider.

Vos questions

Combien de jours de répit peut-on obtenir par an ?

Pour une personne handicapée, l'hébergement temporaire en établissement est limité à 90 jours par année civile, et c'est la CDAPH qui fixe le nombre de jours selon les besoins. L'accueil de jour, lui, peut être accordé une ou plusieurs fois par semaine.

Le répit coûte-t-il quelque chose ?

Les conseils et l'information des plateformes d'accompagnement et de répit sont gratuits, mais une participation peut être demandée pour certaines prestations. En hébergement temporaire pour personne handicapée, les frais ne peuvent pas dépasser 23 € par jour, et ils sont totalement pris en charge pour les mineurs.

Que faire si je suis hospitalisé et que personne ne peut garder mon proche ?

En cas d'urgence, un accueil de jour ou un hébergement temporaire peut se faire sans décision préalable de la CDAPH. Si votre proche touche l'APA et que vous êtes un aidant indispensable, le département peut augmenter ponctuellement son plan d'aide jusqu'à 1 159,32 € par hospitalisation.

Où trouver du répit pour les aidants familiaux à Paris ?

L'annuaire officiel du portail pour les personnes âgées recense 8 plateformes d'accompagnement et de répit à Paris, dans plusieurs arrondissements. Information, écoute et conseils y sont gratuits. Appelez celle de votre secteur avant de déposer une demande d'accueil temporaire à la MDPH.

Sources officielles (vérifiées le 5 octobre 2026)
  1. Mon Parcours Handicap : Les solutions de répit pour les aidants
  2. Service-public : Hébergement temporaire en établissement pour personnes en situation de handicap (vérifié le 2 mars 2026)
  3. Service-public : Allocation personnalisée d'autonomie à domicile (vérifié le 1er juin 2026)
  4. Pour les personnes âgées (portail officiel) : Les plateformes d'accompagnement et de répit
  5. Pour les personnes âgées (portail officiel) : annuaire des points d'information et plateformes de répit
  6. Handicap.gouv.fr : Le 0 800 360 360
  7. L'Assurance retraite : Être un proche aidant
  8. Service-public : Congé de proche aidant (vérifié le 15 juin 2026)
  9. Formulaire de demande à la MDPH, Cerfa 15692*01 (PDF officiel)
  10. Pour les personnes âgées : épuisement de l'aidant, à qui s'adresser ?
  11. Haute Autorité de santé : recommandations sur le répit des aidants (juin 2024)
  12. Pour les personnes âgées : Paris (75), liste des plateformes d'accompagnement et de répit

Avis Favorable est un média indépendant : nous ne sommes pas la MDPH et cette page ne remplace pas un avis personnalisé.