Vous cherchez « le taux de la rhizarthrose », l'arthrose du pouce ? Ce tableau n'existe pas. Aucune arthrose ne figure parmi les maladies reconnues par la MDPH avec un taux réservé, pas plus qu'une autre maladie.
Ce qui existe, c'est une grille par niveau de gêne, et c'est elle qui compte.
Au sommaire (8 parties)
- Taux d'invalidité pour une rhizarthrose : De quel taux parle-t-on ?
- Arthrose dégénérative invalidante : À partir de quand parle-t-on de handicap ?
- Ce que le guide-barème dit des articulations raides
- Arthrose cervicale, lombaire, du genou : Où elle se range
- Arthrose et certificat médical : Ce qui doit apparaître
- Rhizarthrose : Un exemple avant / après
- Quelles aides demander à la MDPH pour une arthrose
- Avant d'envoyer votre dossier pour une arthrose
Taux d'invalidité pour une rhizarthrose : De quel taux parle-t-on ?
Le mot « taux » recouvre trois réalités. Avant de chercher un chiffre, il faut savoir lequel vous concerne.
Le premier est le taux d'incapacité de la MDPH. Il est fixé par la CDAPH, la commission de la MDPH, avec le guide-barème du code de l'action sociale et des familles.
Il mesure le retentissement de vos troubles sur toute votre vie, et ses seuils utiles sont 50 % et 80 %.
Vient ensuite la pension d'invalidité, versée par l'Assurance maladie si votre capacité de travail ou de gain est réduite d'au moins deux tiers. C'est ce que prévoit l'article R341-2 du code de la sécurité sociale.
Là, le médecin-conseil de votre caisse ne fixe pas de taux : il vous classe en 1re, 2e ou 3e catégorie.
Cette pension suppose aussi d'avoir un passé de travail récent :
- être affilié à la Sécurité sociale depuis au moins 12 mois.
- avoir travaillé au moins 600 heures (ou cotisé sur au moins 2 030 fois le Smic horaire) pendant les 12 mois civils qui précèdent.
La demande doit ensuite être faite dans les 12 mois qui suivent un événement précis, comme la stabilisation de votre état ou la fin des indemnités journalières.
Si vous ne remplissez pas ces conditions de travail, l'invalidité est fermée. Regardez plutôt du côté de la MDPH : l'AAH ne demande pas d'avoir cotisé.
Le troisième, c'est le taux d'incapacité permanente d'une maladie professionnelle. Si votre arthrose a été reconnue comme maladie professionnelle, le médecin-conseil propose un taux avec un barème indicatif propre, en tenant compte aussi de votre âge et de vos qualifications.
En dessous de 10 %, vous touchez un capital ; à partir de 10 %, une rente, comme l'explique la page d'Ameli sur l'incapacité permanente.
Et si votre arthrose ne correspond à aucun tableau officiel ? Peut-elle quand même être reconnue comme maladie professionnelle ?
C'est possible, par une voie plus étroite. Il faut établir :
- que la maladie est essentiellement et directement causée par votre travail ;
- qu'elle a entraîné une incapacité permanente d'au moins 25 %.
Le dossier passe alors devant un comité régional, le CRRMP, qui a 4 mois pour rendre son avis, deux de plus si un examen complémentaire est nécessaire.
Un pouce usé par vingt ans de gestes répétés peut mériter qu'on tente, mais un seuil de 25 % est haut. Demandez-vous honnêtement si votre cas s'en approche avant de vous lancer.
Un même pouce peut donc avoir trois évaluations différentes, et aucune ne commande les autres. Sur ce site, on parle de la première.
Arthrose dégénérative invalidante : À partir de quand parle-t-on de handicap ?
L'arthrose est une usure du cartilage qui avance par à-coups. L'Inserm écrit que ces lésions ne régressent jamais, mais que leur progression n'est pas linéaire.
Ameli le décrit pour le genou : une évolution cyclique, avec des phases chroniques et des poussées douloureuses de plusieurs semaines.
Invalidante, alors ? Parfois. L'Inserm indique qu'elle peut engendrer un handicap majeur, avec une perte de mobilité. Ameli précise qu'elle peut aussi évoluer lentement, sans handicap majeur.
Voilà pourquoi la MDPH ne reconnaît pas une maladie, mais un retentissement. Ce qui compte, c'est ce que vous ne pouvez plus faire : marcher, porter, tenir un stylo, garder votre poste.
Dans le dossier, décrivez donc un jour de poussée, pas seulement un jour calme.
Ce que le guide-barème dit des articulations raides
Le guide-barème range l'arthrose dans son chapitre sur l'appareil locomoteur, sans jamais la nommer. Pour les bras et les jambes, il parle de « déficiences mécaniques des membres » : raideurs, ankyloses, rétractions, laxités, « quelle qu'en soit l'étiologie ».
Arthrose, séquelle de fracture ou rhumatisme, c'est la même grille.
| Niveau | Fourchette | Exemples cités par le barème |
|---|---|---|
| Légère | 1 à 20 % | Sans retentissement. « Raideur des doigts (selon degré, doigt et mouvement), du poignet », certaines raideurs légères de l'épaule, du genou, de la hanche |
| Modérée | 20 à 40 % | Gêne pour certaines activités. Certaines raideurs du coude, de l'épaule, du poignet, du genou, de la hanche |
| Importante | 50 à 75 % | Activités de la vie courante limitées. « Enraidissement complet de l'épaule, de la main et du poignet, du genou ou d'une hanche » |
| Sévère | 80 à 90 % | Déplacements très difficiles ou impossibles, actes essentiels empêchés. Exemple : « blocage de plusieurs grosses articulations » |
Trois précisions du texte changent tout pour une arthrose des mains.
D'abord, on tient compte du membre dominant ou non quand un seul côté est touché. Un pouce droit raide chez une droitière ne pèse pas comme un pouce gauche.
Ensuite, le retentissement est « tout particulièrement apprécié par les difficultés voire l'impossibilité de réaliser seul les actes essentiels de la vie ». Si quelqu'un doit vous aider pour vous laver ou vous habiller, le chapitre parle de déficience sévère, 80 % ou plus.
Enfin, la douleur et la fatigabilité conduisent à majorer le taux selon leur retentissement fonctionnel. Une raideur modeste mais très douloureuse ne se lit pas comme une raideur indolore.
Un exemple pour fixer les idées : une raideur des doigts sans conséquence sur votre vie reste dans la première ligne.
Par contre, des mains qui ne permettent plus d'ouvrir un bocal, de boutonner un manteau ou de tenir un outil, c'est une autre lecture.
Ces fourchettes sont des repères, pas des taux attribués d'avance. La page sur les seuils de 50 et 80 % explique ce que chacun peut ouvrir.
Arthrose cervicale, lombaire, du genou : Où elle se range
Pour la nuque, il n'y a pas de ligne « arthrose cervicale ». Elle relève du même chapitre, où le barème retient les douleurs et la raideur, et surtout ce qu'elles vous empêchent de faire :
- tourner la tête pour conduire ;
- travailler les bras levés ;
- dormir.
Le bas du dos suit une autre logique. L'arthrose lombaire entre dans les « déficiences du tronc », avec les atteintes discales, et c'est détaillé sur la page discopathie et MDPH.
Quant au genou et à la hanche, la grille des membres s'applique. Le chapitre ajoute que, quand la marche reste possible, il faut apprécier le périmètre de marche et les aides nécessaires.
Une canne, un arrêt tous les 200 mètres, des escaliers montés une marche à la fois : c'est ça qu'il faut écrire.
Plusieurs articulations touchées ne s'additionnent pas pour autant. Le guide-barème demande une évaluation globale : ce sont les effets cumulés sur votre vie qui comptent, pas une somme de pourcentages.
Arthrose et certificat médical : Ce qui doit apparaître
Le certificat médical MDPH contient des lignes faites pour l'arthrose, encore faut-il qu'elles soient remplies.
- Mobilité, manipulation : préhension de la main dominante, de la main non dominante, motricité fine. Chacune reçoit une lettre, de A (sans difficulté) à D (non réalisé).
- Déplacement : périmètre de marche, aides techniques dedans et dehors, besoin de pauses.
- Entretien personnel : se laver, s'habiller, couper ses aliments.
- Vie quotidienne : courses, repas, ménage.
- Emploi : retentissement sur le poste, maintien dans l'emploi.
- Traitements : infiltrations, orthèses, attelles de nuit, chirurgie prévue ou faite.
Beaucoup de certificats s'arrêtent à « rhizarthrose bilatérale » ou « gonarthrose », alors que la page du retentissement reste blanche. Le diagnostic est vrai, mais il ne dit pas à la commission ce que vous ne pouvez plus faire.

Rhizarthrose : Un exemple avant / après
Voici Jocelyne, 56 ans, aide à domicile, droitière, avec une rhizarthrose des deux pouces et une arthrose cervicale.
Avant :
« Arthrose des deux mains et des cervicales. Douleurs. Difficultés dans mon travail. »
Après :
« Je n'arrive plus à tordre une serpillière ni à ouvrir un bocal : chez mes bénéficiaires, je demande de l'aide pour ça. Je ne peux plus boutonner un chemisier, je ne porte que des hauts sans boutons. Je coupe ma viande avec un couteau à grosse poignée, et certains soirs mon mari la coupe pour moi. Mon écriture devient illisible au bout de quelques lignes. Je porte une attelle la nuit. Au travail, j'ai déjà réduit à 24 heures par semaine, et mon employeur ne peut plus me confier les ménages lourds. Quand je recule en voiture, la nuque bloque : je fais des détours pour éviter les créneaux. »
La seconde version met en lumière la préhension de la main dominante, la motricité fine, l'aide pour couper les aliments, l'impact sur le poste. Ce sont exactement les lignes que le certificat et la commission regardent.
Quelles aides demander à la MDPH pour une arthrose
Aucune n'est automatique, et chacune a ses conditions.
La reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé vise les personnes dont l'altération d'une fonction physique réduit les possibilités de garder ou trouver un emploi. Elle ouvre droit à des aménagements, et vous n'avez pas à la révéler à votre employeur.
Pour l'allocation adulte handicapé, il faut un taux d'au moins 80 %, ou de 50 à 79 % avec une restriction substantielle et durable d'accès à l'emploi. Le montant maximal est de 1 041,59 € par mois en métropole.
Attention si vous approchez de la retraite : entre 50 et 79 %, l'AAH s'arrête à l'âge légal de départ. Cet âge est de 62 ans pour ses allocataires, qui partent en retraite pour inaptitude.
La PCH, elle, peut financer des aides techniques. Elle demande une difficulté absolue pour une activité, ou grave pour deux, sur au moins un an. Parmi les activités du référentiel figurent la préhension de chaque main et la motricité fine.
Reste la carte mobilité inclusion mention priorité, qui concerne un taux inférieur à 80 % quand la station debout est pénible.
Si vos douleurs dépassent les articulations, avec une fatigue qui ne passe pas et un sommeil abîmé, la page fibromyalgie et MDPH peut aussi vous concerner.
Avant d'envoyer votre dossier pour une arthrose
- Vous savez quel « taux » vous visez : MDPH, invalidité ou maladie professionnelle.
- Le certificat précise votre main dominante et cote la préhension de chaque main.
- Le périmètre de marche et les aides techniques sont chiffrés.
- Les gestes perdus sont décrits un par un : boutons, bocaux, couteau, écriture.
- L'impact sur le travail est écrit : heures réduites, tâches retirées.
- Les comptes rendus récents (rhumatologue, chirurgien, kiné, ergothérapeute) sont joints.
Vous hésitez sur une formulation ? La plus concrète est presque toujours la bonne.