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Indemnités de licenciement pour inaptitude : Le calcul expliqué

Par Maud, Avis Favorable · publié le 10 octobre 2026

Indemnités de licenciement pour inaptitude : Le calcul expliqué

Combien toucherez-vous si votre employeur vous licencie pour inaptitude ? Tout se joue sur l'origine, et l'écart est du simple au double.

Accident du travail ou maladie professionnelle : au moins le double de l'indemnité légale. Toute autre cause : l'indemnité légale. La procédure complète est dans la page inaptitude au travail et MDPH.

Au sommaire (10 parties)
  1. Indemnité de licenciement pour inaptitude : Deux régimes selon l'origine
  2. Simulateur et calcul de l'indemnité de licenciement pour inaptitude professionnelle
  3. Tableau de l'indemnité de licenciement pour inaptitude selon l'ancienneté
  4. Inaptitude non professionnelle : Un exemple chiffré
  5. Inaptitude professionnelle : Le double et l'indemnité de préavis
  6. Prime de licenciement pour invalidité catégorie 2 : Y a-t-il une indemnité en plus ?
  7. Licenciement pour inaptitude après 57 ans : Ce qui change et ce qui ne change pas
  8. Employeur sans reclassement sérieux : Ce que vous pouvez réclamer
  9. Impôts et cotisations : Combien reste-t-il vraiment ?
  10. Votre solde de tout compte : Les lignes à vérifier

Indemnité de licenciement pour inaptitude : Deux régimes selon l'origine

Le code du travail ne connaît pas une indemnité d'inaptitude, mais deux. Laquelle s'applique, c'est l'origine de l'inaptitude qui le décide : un accident du travail ou une maladie professionnelle d'un côté, tout le reste de l'autre.

Origine non professionnelle Accident du travail ou maladie professionnelle
Indemnité de licenciement Au moins l'indemnité légale Indemnité spéciale : au moins le double de l'indemnité légale
Ancienneté exigée 8 mois ininterrompus Aucune condition
Préavis Ni exécuté ni payé, sauf convention plus favorable ; sa durée compte dans l'ancienneté Indemnité compensatrice égale au préavis

Dans les deux cas, la convention collective peut prévoir mieux, et c'est à vous de la consulter. Pour l'indemnité spéciale, la loi réserve expressément les dispositions conventionnelles plus favorables.

En CDD, l'inaptitude donne une indemnité de rupture au moins égale à l'indemnité légale de licenciement, doublée si l'inaptitude est d'origine professionnelle. S'y ajoute la prime de précarité de 10 %.

Simulateur et calcul de l'indemnité de licenciement pour inaptitude professionnelle

Le calcul tient en cinq temps.

  1. Fixez votre ancienneté, en années et en mois complets. Une année incomplète compte proportionnellement aux mois accomplis : 12 ans et 6 mois valent 12,5 années.
  2. Prenez votre salaire de référence : la moyenne mensuelle des 12 derniers mois, ou le tiers des 3 derniers mois, selon ce qui vous avantage. Les primes annuelles ou exceptionnelles y entrent au prorata.
  3. Appliquez la formule : un quart de mois de salaire par année jusqu'à 10 ans, un tiers de mois par année à partir de la onzième.
  4. Doublez le résultat si l'inaptitude est d'origine professionnelle.
  5. Ajoutez l'indemnité compensatrice de préavis dans ce même cas.

Deux détails changent le résultat. Après un arrêt maladie, la Cour de cassation retient les 12 ou les 3 mois qui précèdent l'arrêt. Elle ne retient pas le salaire réduit que vous avez touché pendant l'arrêt.

Côté ancienneté, la loi dit qu'une suspension du contrat ne la rompt pas. Mais la période de suspension n'entre pas dans la durée exigée pour ouvrir le droit, c'est-à-dire les 8 mois.

Les arrêts pour accident du travail ou maladie professionnelle font exception : leur durée est prise en compte pour tous les avantages liés à l'ancienneté.

Pour un arrêt maladie ordinaire, demandez à l'employeur le détail de l'ancienneté qu'il a retenue : c'est une ligne à vérifier sur votre calcul.

Vous préférez un outil ? Le ministère du Travail en propose un : le simulateur du Code du travail numérique, développé par la Direction générale du travail. Il calcule l'indemnité légale et l'indemnité conventionnelle.

Prévoyez les dates d'entrée et de sortie, la date de notification du licenciement et vos derniers salaires. Il ne couvre que la rupture d'un CDI à temps plein, pas les contrats qui ont alterné temps plein et temps partiel.

Dans la présentation de l'outil, je n'ai trouvé aucune mention de l'inaptitude professionnelle. Pour l'indemnité spéciale, doublez donc vous-même l'indemnité légale, comme à l'étape 4, puis comparez avec le chiffre de votre employeur.

Tableau de l'indemnité de licenciement pour inaptitude selon l'ancienneté

Voici ce que donne la formule, exprimé en mois de salaire de référence. Multipliez ensuite par votre salaire.

Ancienneté Indemnité légale Indemnité spéciale (le double)
3 ans 0,75 mois 1,5 mois
5 ans 1,25 mois 2,5 mois
8 ans 2 mois 4 mois
10 ans 2,5 mois 5 mois
15 ans 4,17 mois 8,33 mois
20 ans 5,83 mois 11,67 mois
25 ans 7,5 mois 15 mois
30 ans 9,17 mois 18,33 mois

À partir de 10 ans, chaque année supplémentaire ajoute un tiers de mois. Le doublement est un minimum légal : une convention collective plus généreuse l'emporte.

Repères de l'indemnité de licenciement pour inaptitude : quart de mois par année, 8 mois d'ancienneté, doublement, 12 mois

Inaptitude non professionnelle : Un exemple chiffré

Prenons Norbert, magasinier, déclaré inapte après des problèmes de dos sans lien avec son travail. Il a 12 ans et 6 mois d'ancienneté, préavis non effectué compris, et un salaire de référence de 2 100 € brut. Voici son calcul :

Il ne touche rien pour le préavis, ni exécuté ni payé. Si Norbert n'avait eu que 6 mois d'ancienneté, il n'aurait eu droit à aucune indemnité de licenciement : le seuil de 8 mois n'était pas atteint.

Inaptitude professionnelle : Le double et l'indemnité de préavis

Remettons Norbert dans l'autre situation : l'inaptitude suit un accident du travail. L'indemnité spéciale est au moins le double de l'indemnité légale, soit 14 000 € brut. Elle se verse sans condition d'ancienneté.

S'y ajoute une indemnité égale à celle du préavis. Avec plus de 2 ans d'ancienneté, le préavis légal est de 2 mois, donc 4 200 € pour Norbert, sauf préavis plus long par convention. Total : 18 200 € brut.

Deux limites à connaître :

Les autres règles du licenciement d'un salarié reconnu handicapé sont rassemblées dans la page licenciement et RQTH.

Prime de licenciement pour invalidité catégorie 2 : Y a-t-il une indemnité en plus ?

La question revient souvent, parce qu'on mélange deux choses. La pension d'invalidité est versée par l'Assurance maladie (la CPAM, ou la MSA), pas par l'employeur, et elle ne remplace pas une indemnité de licenciement.

L'indemnité que vous réclamez à l'employeur ne fait intervenir que votre ancienneté, votre salaire et l'origine de l'inaptitude, jamais la catégorie d'invalidité.

Et être classé en 2e ou 3e catégorie ne vous rend pas inapte pour autant : service-public rappelle que c'est le médecin du travail qui constate l'inaptitude.

Si la perte de capacité de travail est importante, la pension d'invalidité peut s'ajouter au parcours, avec ses propres conditions.

Licenciement pour inaptitude après 57 ans : Ce qui change et ce qui ne change pas

Rien ne change pour l'indemnité : la formule ne contient aucun âge. Un salarié de 58 ans et un salarié de 40 ans qui ont la même ancienneté et le même salaire touchent la même somme.

Le chômage, lui, se calcule autrement. Un licenciement pour inaptitude ouvre droit à l'allocation, quel que soit le motif.

Il faut avoir travaillé au moins 130 jours ou 910 heures dans les 24 mois qui précèdent, ou dans les 36 mois à partir de 55 ans.

Pour une fin de contrat à compter du 1er avril 2025, la durée maximale d'indemnisation est de :

Vous avez 12 mois pour vous inscrire à France Travail après la fin du contrat.

Si votre indemnité dépasse le minimum légal, un différé d'indemnisation peut retarder le premier versement. Service-public donne la règle, qui divise la part supérieure au minimum par 109,6, dans la limite de 150 jours.

Renseignez-vous auprès de France Travail pour savoir si votre indemnité est concernée.

Plus tard, à 62 ans, certains assurés ont droit à une retraite au taux maximum de 50 %, quel que soit le nombre de trimestres. Ce sont ceux que le médecin-conseil de leur caisse de retraite reconnaît inaptes au travail.

Les personnes qui justifient d'un taux d'incapacité d'au moins 50 % sont aussi concernées.

Employeur sans reclassement sérieux : Ce que vous pouvez réclamer

Un licenciement prononcé sans respecter les règles de reclassement est irrégulier. Si l'inaptitude est d'origine professionnelle, le juge peut proposer votre réintégration.

En cas de refus, il accorde une indemnité qui ne peut pas être inférieure aux salaires des six derniers mois, et qui s'ajoute à l'indemnité compensatrice et à l'indemnité spéciale.

Pour une inaptitude non professionnelle, la contestation se joue devant le conseil de prud'hommes. C'est le terrain du licenciement sans cause réelle et sérieuse, avec une indemnité encadrée par un barème selon l'ancienneté.

Dans les deux cas, le délai pour agir sur la rupture est de 12 mois à compter de la notification du licenciement. Ne le laissez pas courir.

Impôts et cotisations : Combien reste-t-il vraiment ?

On vous annonce 14 000 € d'indemnité, et la question suit aussitôt : est-ce net ? Pour l'impôt sur le revenu, la part de l'indemnité qui correspond au minimum légal, ou au minimum fixé par la convention collective, est exonérée en totalité.

Si l'employeur verse plus, l'exonération est limitée au plus favorable de deux montants : deux fois la rémunération brute de l'année précédente, ou la moitié de l'indemnité totale.

Le plafond est de 288 360 € pour les indemnités versées en 2026, un seuil que la plupart des salariés n'approchent pas.

Côté cotisations sociales, la fraction exonérée d'impôt l'est aussi, jusqu'à 96 120 €. Au-delà de 480 600 €, l'indemnité est soumise à cotisations en totalité.

Pour l'inaptitude, service-public n'indique pas de règle à part : ce sont les règles de toute indemnité de licenciement qui s'appliquent.

Votre solde de tout compte : Les lignes à vérifier

Un écart sur l'une de ces lignes se discute avec l'employeur, puis avec un défenseur syndical ou un avocat. Gardez l'avis d'inaptitude, vos bulletins de salaire et la lettre de licenciement : ce sont eux qui prouvent le calcul.

Vos questions

Faut-il un minimum d'ancienneté pour toucher l'indemnité ?

Pour une inaptitude non professionnelle, oui : 8 mois d'ancienneté ininterrompus, sauf faute grave. Pour une inaptitude d'origine professionnelle, l'indemnité spéciale se verse sans condition d'ancienneté. La convention collective peut aussi prévoir des règles plus favorables.

Quel salaire retenir si j'ai eu un long arrêt maladie ?

Le calcul retient la formule la plus avantageuse entre la moyenne des 12 derniers mois et celle des 3 derniers mois. La Cour de cassation précise, pour un arrêt maladie, qu'il s'agit des 12 ou des 3 mois qui précèdent l'arrêt de travail, et non du salaire réduit perçu pendant l'arrêt.

L'indemnité est-elle plus élevée quand on a la RQTH ?

Il n'existe pas de formule spéciale. La RQTH double le préavis en cas de licenciement, dans la limite de 3 mois, mais la Cour de cassation a jugé que ce doublement ne s'applique pas à l'indemnité compensatrice versée après une inaptitude d'origine professionnelle.

Dans quel délai contester le calcul de l'indemnité ?

Les actions portant sur la rupture du contrat se prescrivent par 12 mois à compter de la notification du licenciement. Vérifiez donc votre solde de tout compte rapidement, et gardez votre avis d'inaptitude, vos bulletins de salaire et la lettre de licenciement.

L'indemnité de licenciement pour inaptitude est-elle imposable ?

La part légale ou prévue par la convention collective est exonérée d'impôt sur le revenu en totalité. Si vous touchez davantage, l'exonération est limitée au plus favorable de deux montants : deux fois votre rémunération brute de l'année précédente, ou la moitié de l'indemnité reçue, avec un plafond de 288 360 € pour 2026. Service-public ne prévoit pas de règle différente pour l'inaptitude.

Sources officielles (vérifiées le 5 octobre 2026)
  1. Service-public : indemnités de licenciement pour inaptitude physique
  2. Légifrance : article L1226-14 du code du travail (indemnité spéciale de licenciement)
  3. Code du travail numérique : articles R1234-1, R1234-2 et R1234-4 (calcul de l'indemnité et salaire de référence)
  4. Légifrance : article L1234-9 du code du travail (indemnité de licenciement, 8 mois d'ancienneté)
  5. Service-public : indemnité de licenciement du salarié en CDI
  6. Code du travail numérique : articles L1226-7 et L1234-11 (suspension du contrat et ancienneté)
  7. Légifrance : Cour de cassation, chambre sociale, 23 mai 2017, n° 15-22.223 (salaire de référence après un arrêt maladie)
  8. Légifrance : Cour de cassation, chambre sociale, 27 janvier 2016, n° 14-12.710 (préavis doublé et inaptitude professionnelle)
  9. Code du travail numérique : articles L1226-15, L1235-3-1 et L1471-1 (sanctions, délai de contestation)
  10. Service-public : allocation chômage ARE, fin de contrat à compter du 1er avril 2025
  11. France Travail : ai-je droit à l'allocation chômage ?
  12. Service-public : pension d'invalidité de la Sécurité sociale
  13. Cnav : circulaire n° 2024-26 du 2 août 2024, retraite anticipée au titre de l'inaptitude au travail
  14. Service-public : Indemnité de licenciement du salarié en CDI (mise à jour du 5 juin 2026)
  15. Code du travail numérique : simulateur de calcul de l'indemnité de licenciement
  16. Service-public Entreprendre : un simulateur pour calculer les indemnités de licenciement

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