Amélie, 32 ans, attend son premier enfant et se demande comment elle fera quand elle sera seule. Bonne nouvelle : la prestation de compensation du handicap prévoit pour elle la PCH parentalité.
Pour l'aide humaine : 900 € par mois pour un parent en couple, 1 350 € pour un parent isolé, tant que l'enfant a moins de 3 ans.
Au sommaire (8 parties)
- Qui peut demander la PCH parentalité ?
- Montant de la PCH parentalité : Combien par mois ?
- Les aides techniques de la parentalité : 1 400 €, 1 200 € et 1 000 €
- Comment demander la PCH parentalité ?
- Comment décrire sa situation pour que l'équipe l'évalue ?
- Que faire si la MDPH refuse ou accorde moins ?
- Les erreurs qui font perdre des mois d'aide
- Avant d'envoyer le dossier
Qui peut demander la PCH parentalité ?
La PCH parentalité existe depuis le 1er janvier 2021. Elle s'adresse aux parents en situation de handicap qui ont un enfant de moins de 7 ans.
Elle comporte deux aides distinctes, une aide humaine et une aide technique, qui ont chacune leurs règles. Mon Parcours Handicap précise qu'il faut être éligible à la PCH, et à l'aide humaine de la PCH pour toucher le forfait mensuel.
Ce second point mérite qu'on s'y arrête. L'aide humaine a son propre seuil d'accès :
- une difficulté absolue pour un acte, ou grave pour deux actes (toilette, habillage, déplacements, maîtrise du comportement, tâches multiples).
- ou un aidant familial qui passe au moins 45 minutes par jour à vous aider.
Toute la mécanique est expliquée dans la page PCH aide humaine. Partez de là, c'est le plus simple.
L'adoption ouvre aussi droit à l'aide, toujours selon Mon Parcours Handicap. La brochure de la CNSA précise qu'elle est assimilée à une naissance pour l'aide technique : les 1 400 € sont alors dus.
Et vous n'avez pas à attendre : la demande peut se faire avant la naissance, ou à tout moment avant les 7 ans de l'enfant.
L'aide technique a ses propres conditions. Service-public demande de percevoir l'aide technique de la PCH classique.
Il faut aussi avoir un enfant qui vient de naître, qui va naître, ou qui fêtera ses 3 ans ou ses 6 ans.
Si vous êtes deux parents en situation de handicap, chacun peut toucher l'aide humaine et l'aide technique, dès lors que chacun remplit les conditions.
Montant de la PCH parentalité : Combien par mois ?
L'aide humaine prend la forme d'un forfait. Le code de l'action sociale et des familles l'exprime en heures :
- 30 heures par mois quand l'enfant a moins de 3 ans ;
- 15 heures par mois entre 3 et 7 ans.
Il majore ce temps de 50 % en cas de monoparentalité. En euros, cela donne, d'après le barème de la CNSA valable depuis le 1er juin 2026 :
| Âge de l'enfant | Parent en couple | Parent isolé |
|---|---|---|
| Moins de 3 ans | 900 € par mois | 1 350 € par mois |
| De 3 à 7 ans | 450 € par mois | 675 € par mois |
On associe vite l'aide humaine à la toilette ou à l'habillage. Le hic, c'est que le texte parle d'actes relatifs à l'exercice de la parentalité, pour une personne empêchée, totalement ou en partie, de les réaliser à cause de son handicap.
Service-public dit la même chose autrement : l'aide humaine peut servir à rémunérer quelqu'un qui vous aide dans les actes du quotidien pour élever votre enfant.
Reste la question que tout le monde se pose : que peut-on payer avec ce forfait ?
Service-public précise qu'il s'utilise librement, par exemple pour les frais de crèche d'un enfant de moins de 3 ans ou pour rémunérer une assistante maternelle entre 3 et 7 ans.
La CNSA ajoute un point qui soulage : pas de factures à envoyer pour justifier l'usage de l'aide. Ça vaut pour l'aide à domicile comme pour le matériel acheté.
Sur la durée, ça fait des sommes importantes. Aux montants actuels, un enfant suivi de sa naissance à ses 7 ans donnerait pour l'aide humaine :
- pour un parent en couple : 900 € pendant 36 mois puis 450 € pendant 48 mois, soit 54 000 €.
- en monoparentalité : 1 350 € pendant 36 mois puis 675 € pendant 48 mois, soit 81 000 €.
C'est un calcul d'école, qui suppose que les conditions sont remplies sans interruption et que les montants ne bougent pas. Pour comparer avec les autres tarifs de la PCH, voyez le montant de la PCH.
Deux règles encadrent cette durée et ce calcul. D'abord, l'aide s'arrête au 7e anniversaire de l'enfant : elle peut être accordée pour moins d'un an, pour couvrir le temps qui reste avant cette limite.
Ensuite, avec plusieurs enfants, le nombre d'heures est celui du plus jeune, car les forfaits ne s'additionnent pas enfant par enfant, d'après l'annexe 2-5.
Les aides techniques de la parentalité : 1 400 €, 1 200 € et 1 000 €
La seconde aide est un forfait unique, versé à trois moments de la vie de l'enfant.
| Moment | Montant |
|---|---|
| À la naissance | 1 400 € |
| Au 3e anniversaire | 1 200 € |
| Au 6e anniversaire | 1 000 € |
Elle est attribuée au parent bénéficiaire de la PCH. Le code désigne comme aide technique tout instrument, équipement ou système technique acquis ou loué pour votre usage personnel, y compris pour un besoin lié à l'exercice de la parentalité.
Elle ne remplace pas l'aide technique classique de la PCH. Un parent qui touche les deux peut les cumuler, tant que les deux aides ne financent pas le même matériel.
Concrètement, ces montants servent à acheter ou adapter du matériel. Service-public cite une table à langer réglable ou une poussette adaptée.
La CNSA donne l'exemple d'une poussette qui se fixe sur le châssis du fauteuil roulant du parent, pour pouvoir promener le petit.
Contrairement à l'aide humaine, l'aide technique se compte enfant par enfant. Avec des jumeaux ou deux enfants d'âges différents, le parent reçoit la somme prévue pour chacun d'eux :
- 1 400 € à la naissance ;
- 1 200 € aux 3 ans ;
- 1 000 € aux 6 ans de chaque enfant.
Elle cesse d'être versée aux 6 ans de l'enfant, et elle arrive sur votre compte aux dates anniversaires.
Comment demander la PCH parentalité ?
La démarche dépend de votre situation.
- Si vous n'avez pas encore la PCH, vous déposez le formulaire de demande habituel, le Cerfa 15692*01, à votre MDPH. Joignez les pièces d'une demande de PCH et l'acte de naissance de l'enfant. Pensez au certificat médical : il doit décrire ce que votre handicap change dans les gestes du quotidien.
- Si vous avez déjà la PCH, un formulaire simplifié suffit, avec l'acte de naissance de l'enfant.
- La MDPH répond en principe dans les 4 mois, et le droit court à partir du 1er jour du mois du dépôt.
- Le conseil départemental où vous habitez verse ensuite l'aide, chaque mois pour l'aide humaine, et aux anniversaires de l'enfant pour l'aide technique.
Une demande avant la naissance est possible, d'après Mon Parcours Handicap. Rien n'oblige à attendre l'arrivée du bébé.
Pièces à joindre et changements de situation
Pour une première demande de PCH, Service-public liste :
- le certificat médical.
- une pièce d'identité.
- un justificatif de domicile (avec une attestation de l'hébergeant si vous êtes hébergé).
- le relevé d'identité bancaire.
- l'extrait d'acte de naissance de chaque enfant.
La photocopie du livret de famille ne vaut pas acte de naissance. Si vous élevez seul votre enfant, joignez un justificatif d'attribution de l'allocation de soutien familial.
La brochure de la CNSA, plus ancienne, parle plutôt d'une attestation de parent isolé écrite sur papier libre : demandez à votre MDPH laquelle elle attend.
Le formulaire de demande général n'a pas de case « parentalité ». C'est dommage, mais ça ne bloque rien : écrivez votre souhait dans les espaces libres, en particulier dans la partie consacrée à la vie quotidienne, comme le conseille Service-public.
Si vous demandez avant la naissance, l'acte de naissance suivra, une fois l'enfant né.
Et si votre demande de PCH est déjà en cours d'examen, vous n'avez aucune démarche à refaire : d'après la CNSA, la MDPH vous réclamera les pièces qui manquent.
Votre situation familiale change ? Une naissance ou le décès d'un enfant doit être signalé à la MDPH. Un début ou une fin de monoparentalité se signale au conseil départemental, qui ajuste le montant tout seul : inutile de saisir la MDPH.
Comment décrire sa situation pour que l'équipe l'évalue ?
Revenons à Amélie, paraplégique, dont le premier jet tient en une phrase : « Mon handicap me gêne pour m'occuper du bébé. » L'équipe de la MDPH ne peut rien en faire, et on la comprend.
Sa version corrigée : « Je ne peux pas soulever mon enfant pour le sortir du lit ou du bain sans l'aide d'une autre personne. Je ne peux pas le changer sur une table haute depuis mon fauteuil.
« Les nuits où je suis seule, je ne peux pas me lever pour le consoler si je suis déjà couchée, car les transferts me prennent vingt minutes. » Chaque phrase décrit un acte, une difficulté, un temps.
Le principe est celui de toute demande de PCH : on décrit ce qu'on ne peut pas faire sans aide. Le certificat médical doit dire la même chose que vous, et pas seulement nommer le diagnostic.

Que faire si la MDPH refuse ou accorde moins ?
La contestation passe d'abord par un recours administratif préalable obligatoire auprès de la MDPH, dans les 2 mois suivant la décision.
Si la réponse ne vous convient pas, vous disposez ensuite de 2 mois pour saisir le tribunal judiciaire. Ces délais courent à partir de la notification.
Les erreurs qui font perdre des mois d'aide
La première, c'est d'attendre : l'aide s'arrête aux 7 ans de l'enfant et le droit ne remonte que jusqu'au 1er jour du mois du dépôt. Chaque mois de retard est un mois sans forfait.
Autre piège, décrire son handicap sans décrire les gestes. « Je suis en fauteuil » ne dit rien du bain, du portage ou des nuits, et l'équipe évalue des actes précis.
On oublie aussi parfois de signaler une situation de monoparentalité, alors que la majoration de 50 % en dépend.
Dernier piège : financer deux fois le même matériel. L'aide technique de la parentalité et celle de la PCH ne peuvent pas payer le même équipement.
Avant d'envoyer le dossier
- l'enfant a moins de 7 ans, ou la naissance est à venir.
- l'aide humaine : vous avez décrit les actes que vous ne pouvez pas faire seul, avec leur durée.
- vous avez indiqué si vous êtes en situation de monoparentalité.
- vous avez joint l'acte de naissance.
- pour les aides techniques, vous savez quel matériel vous voulez financer, et par quelle aide.
Si votre cas sort du cadre, par exemple une naissance multiple ou une garde alternée, faites-le figurer noir sur blanc dans la demande plutôt que de le laisser deviner.